Procès du meurtre du père Olivier Maire : la communauté montfortaine en quête de vérité à La Roche-sur-Yon
Le procès de l'assassinat du père Olivier Maire s'est ouvert lundi devant la cour d'assises de la Vendée. La communauté des Montfortains attend la lumière sur les motivations de l'accusé.

Meurtre du père Maire : ouverture du procès devant la cour d'assises de La Roche-sur-Yon
Selon rcf.fr, le procès de l'assassinat du père Olivier Maire s'est ouvert ce lundi devant la cour d'assises de la Vendée, à La Roche-sur-Yon, quatre ans après les faits.
En août 2021, Emmanuel Abayisenga a tué le supérieur provincial des Montfortains à Saint-Laurent-sur-Sèvre, en Vendée. L'accusé était alors hébergé par la communauté religieuse, sous contrôle judiciaire pour avoir incendié la cathédrale de Nantes. Il a depuis été condamné à quatre ans de prison pour cet incendie.
La culpabilité d'Abayisenga fait peu de doutes : il s'est lui-même rendu à la gendarmerie le 9 août 2021. Les débats devront porter sur le « pourquoi » du geste et sur la violence de l'acte. L'état psychologique de l'accusé au moment des faits devrait occuper une place centrale dans les audiences. Des zones d'ombre persistent également sur le déroulé précis des événements, ce qui constitue une épreuve particulièrement lourde pour la famille du père Maire et pour les membres de sa communauté.
Le père Paulin, actuel supérieur provincial des Montfortains, a reçu rcf.fr à quelques mètres du lieu du drame, une photo de son ami et le texte de sa dernière homélie posés devant lui. « Nous nous préparons à vivre ce procès dans la prière, car nous avons besoin de force et de courage. C'est un nouveau départ, un chemin vers la vérité, la lumière et l'espérance. Comme un chemin de croix : on passe le vendredi saint, mais on espère arriver à Pâques, à la résurrection », a-t-il déclaré.
Depuis le drame, la communauté des Montfortains continue d'accueillir des personnes en situation de fragilité, mais avec un encadrement renforcé. Le père Paulin indique que la communauté s'est beaucoup interrogée sur son charisme et sa vocation. « Pourquoi nous nous sommes consacrés ? Pour servir, pour donner le meilleur de nous-mêmes, pour le Seigneur et pour nos frères et sœurs, en particulier les pauvres et les exclus. »
Sur la question du pardon, le père Paulin est sans détour. « Il faut séparer la personne et l'acte. J'ai pardonné à la personne, mais pas à l'acte. Tuer est impardonnable. Mais qui suis-je pour condamner la personne ? C'est Dieu qui juge. » Il ajoute : « Pardonner, ce n'est pas effacer l'acte, c'est choisir l'amour plutôt que la vengeance ou la haine, et repartir avec les cicatrices que l'on porte. »
Le verdict est attendu en fin de semaine.
Source: Google News FR — Crime (fr)