Cambriolage du Louvre : une gardienne raconte son face-à-face avec les malfaiteurs

Plusieurs mois après le vol des bijoux de la Couronne de France au musée du Louvre, une agente de sécurité témoigne de cette matinée d'octobre où elle a croisé les voleurs. Le butin, estimé à 88 millions d'euros, reste introuvable.

Cambriolage du Louvre : une gardienne raconte son face-à-face avec les malfaiteurs

Cambriolage du Louvre : une gardienne raconte son face-à-face avec les malfaiteurs

En octobre dernier, le musée du Louvre a été le théâtre d'un casse spectaculaire. Des bijoux de la Couronne de France, d'une valeur estimée à 88 millions d'euros, ont été emportés en moins de trois minutes. Franceinfo a recueilli le témoignage de Sophie, l'une des cinq agents de sûreté présentes dans la galerie d'Apollon au moment des faits.

Les cambrioleurs ont utilisé un monte-charge et porté des gilets de couleur jaune. Sophie s'est retrouvée directement confrontée aux intrus. L'un d'eux s'est retourné vers elle en tenant un objet qu'elle a pris pour une tronçonneuse. Elle a alors hurlé à ses collègues de s'éloigner pour effrayer les voleurs. Elle se souvient avoir répété deux fois : "Dégagez, c'est un braquage." Une autre agente a immédiatement prévenu par talkie-walkie l'ensemble du personnel. Les visiteurs ont été évacués sans que quiconque ne comprenne réellement ce qui se déroulait.

Des individus présumés ont depuis été arrêtés. Néanmoins, les bijoux dérobés n'ont pas été retrouvés à ce jour. L'affaire a provoqué une tempête médiatique qui s'est depuis apaisée. L'ensemble des agents concernés sont revenus à leur poste, bien que le traumatisme persiste.

Sophie est la seule à s'être exprimée publiquement sur cet événement. Elle raconte que dès le début, les agents de surveillance ont été blessés par les accusations, car ils servent habituellement de boucs émissaires. Cette fois, ils ont rapidement cessé d'être visés.

Interrogée sur les conséquences du braquage sur les relations entre collègues, Sophie explique qu'aucune critique n'a émergé au sein de l'équipe. Tous les agents se sont sentis comme s'ils avaient vécu l'incident ensemble. Ceux qui étaient sur place partagent désormais un lien indéfectible. "On a un lien pour toujours. On a vécu un événement ensemble et ça crée une ambiance un petit peu particulière", confie-t-elle.

Cette affaire constitue le troisième vol auquel Sophie a été confrontée durant sa carrière au Louvre. Approchant la retraite, elle espère ne plus jamais connaître une telle situation.

Le président du musée, Christophe Leribault, a déclaré que l'établissement était "à bout de souffle" et confronté à un "mur d'investissements".

Source: France Info