Assises des Yvelines : la peine maximale requise contre « Ma Dalton » pour un meurtre de 1995

Le parquet a demandé la sentence ultime contre une septuagénaire jugée pour l'homicide d'une femme retrouvée démembrée dans une malle en 1995.

Assises des Yvelines : la peine maximale requise contre « Ma Dalton » pour un meurtre de 1995

Assises des Yvelines : la peine maximale requise contre « Ma Dalton » pour un meurtre de 1995

Ce jeudi, les représentants du ministère public ont réclamé la sanction la plus sévère du droit français contre Marie-Thérèse Garcia, âgée de 79 ans. Jugée devant la cour d'assises des Yvelines pour l'assassinat de Corinne Di Dio survenu il y a trente ans, cette femme surnommée « Ma Dalton » par son entourage encourt désormais une condamnation à perpétuité effective.

La même réquisition a été formulée à l'encontre d'Antonio Marquez Gomez, ex-compagnon de la défunte et ancien beau-frère de l'accusée. Ce ressortissant espagnol, jugé en son absence, aurait trouvé refuge en Colombie selon les investigations.

Le 28 juin 1995, le corps sans vie, décapité et sectionné en plusieurs morceaux, d'une femme avait été repéré dans une valise métallique dérivant sur les eaux de la Seine, aux abords de La Roquette dans l'Eure. Il faudra attendre 1997 et des expertises génétiques pour établir l'identité de la victime : Corinne Di Dio. Pendant plus de trente ans, ce dossier demeurera en suspens, émaillé de deux classements sans suite en 2000 puis 2008. Ce n'est qu'en 2012 qu'une nouvelle impulsion sera donnée aux investigations, suite à l'interception d'un échange téléphonique au cours duquel une petite-fille de l'inculpée évoquait avoir assisté, enfant, à la mise en pièces d'une femme.

Pour les magistrats du parquet, l'addition des indices recueillis ne peut s'expliquer par la seule coïncidence. Parmi les éléments clés figurent deux cheveux découverts à l'intérieur du contenant qui transportait le cadavre. L'expertise de l'ADN mitochondrial de ces poils a révélé une compatibilité avec le profil génétique de Mme Garcia ou avec celui d'une descendante de sa branche maternelle. Selon l'accusation, aucune autre personne issue de cette lignée n'aurait pu légitimement laisser ses cheveux dans cette malle.

L'hypothèse privilégiée par les enquêteurs repose sur un conflit de garde. À l'époque des faits, Corinne Di Dio et Antonio Marquez Gomez s'affrontaient au sujet de leur fils commun. Le parquet estime que le père de l'enfant et Mme Garcia — alors en relation avec le frère d'Antonio — auraient éliminé la mère pour permettre au père de s'emparer du garçon et de le conduire outre-Pyrénées.

Les avocats de la prévenue ont contesté avec force cette interprétation et sollicité la relaxe. L'un d'eux, Me Jérôme Goudard, a dénoncé une « construction narrative préétablie » et regretté que certaines orientations n'aient pas été approfondies, notamment celle concernant un précédent petit ami de la victime qui nourrissait à son encontre une rancœur ancienne. « Condamner quelqu'un parce qu'elle gravite autour d'autres individus serait une erreur », a-t-il soutenu. « Dans notre droit, la complicité ne se déduit pas de la simple proximité. »

Depuis le box des accusés, la vieille dame n'a cessé de proclamer son innocence, adressant à sa petite-fille Jessica, présente dans les rangs du public, de multiples gestes et mimiques.

Source : Le Figaro et Le Dauphiné Libéré

Source: Le Figaro