Pédocriminalité : 675 personnes écrouées suite au réexamen massif des plaintes après l'affaire Lyhanna
Le bilan du réexamen de dizaines de milliers de signalements pour atteintes sexuelles sur enfants révèle des centaines d'incarcérations et plus de 1 300 enquêtes ouvertes.

Pédocriminalité : 675 personnes écrouées suite au réexamen massif des plaintes après l'affaire Lyhanna
Le ministre français de la Justice a dévoilé ce 15 juillet les résultats du vaste exercice de réexamen des plaintes pour agressions sexuelles commises sur des mineurs, déclenché après le meurtre de Lyhanna, 11 ans, dans le Gers.
Interrogé à l'Assemblée nationale, Gérald Darmanin a indiqué que 69 626 anciens dossiers avaient été passés en revue. À cela s'ajoutent 15 000 nouvelles dépositions, portant le total à 85 047 signalements enregistrés par les parquets. Un millier de cas ont été jugés urgents et devraient être réglés prochainement.
Sur le réseau X, le garde des Sceaux a précisé que 1 350 enquêtes judiciaires avaient été ouvertes pour faits sexuels sur mineurs, une multiplication par quatre par rapport au rythme habituel. Depuis le début du mois de juin, 675 individus ont été placés en détention provisoire.
Les statistiques montrent une répartition inégale : un peu plus d'un tiers des procédures relèvent du pénal, le reste du délit. Dans la grande majorité des cas, les auteurs ont été retrouvés. Le ministre a fait observer que neuf fois sur dix, ils n'avaient jamais été condamnés auparavant, et que dans 75 % des situations, ils appartenaient à l'entourage proche de la victime.
Le gouvernement entend désormais faire adopter la suppression de la prescription pour les crimes contre les enfants, en partenariat avec la ministre de la Santé. Cette mesure viserait notamment les deux tiers de victimes qui sont aujourd'hui adultes.
L'affaire Lyhanna avait révélé des dysfonctionnements : le principal suspect avait déjà été visé par des accusations d'atteintes sexuelles sur enfants sans que les autorités ne l'entendent. Le ministre avait alors convoqué les magistrats en chef et exigé que toutes les plaintes concernant des enfants soient réétudiées avant la mi-juillet.
Source : BFMTV
Source: Google News LU FR