Marine Le Pen condamnée à un an de résidence surveillée pour détournement de fonds européens

La cour d'appel de Paris a confirmé la condamnation de Marine Le Pen dans l'affaire des emplois fictifs au Parlement européen, lui infligeant un an de résidence surveillée avec bracelet électronique et une inéligibilité de 45 mois.

Marine Le Pen condamnée à un an de résidence surveillée pour détournement de fonds européens

Marine Le Pen condamnée à un an de résidence surveillée pour détournement de fonds européens

La cour d'appel de Paris a rendu son verdict mardi dans l'affaire des emplois fictifs au Parlement européen, infligeant à Marine Le Pen un an de résidence surveillée avec port obligatoire d'un bracelet électronique. La dirigeante du Rassemblement national écope également d'une interdiction d'exercer une fonction publique de quarante-cinq mois, dont trente avec sursis.

Les quinze mois restants d'inéligibilité pourraient être rétroactifs à la décision de premier instance rendue en mars de l'année dernière par le tribunal correctionnel, ce qui signifierait qu'ils sont déjà écoulés. Cependant, la peine de détention à domicile compromet sérieusement les chances de la candidate d'être en mesure de mener une campagne présidentielle.

Lors d'une interview télévisée la semaine dernière, l'intéressée avait déclaré qu'elle ne se présenterait pas à l'élection présidentielle d'avril 2027 si elle devait rester confinée chez elle. « Quand on est candidate à la présidentielle, il faut être totalement libre de ses mouvements », avait-elle affirmé, ajoutant qu'elle ne pouvait pas dépendre d'un magistrat pour autoriser ses déplacements en meeting.

Le procès en appel a examiné le système mis en place entre 2004 et 2016, période durant laquelle le parti d'extrême droite aurait utilisé les fonds du Parlement européen pour rémunérer du personnel travaillant en réalité en France. Outre la présidente du RN, vingt-quatre anciens eurodéputés, assistants, comptables ainsi que la formation politique elle-même avaient été reconnus coupables lors du premier procès.

Le tribunal de grande instance avait initialement prononcé une peine de cinq ans d'inéligibilité et quatre ans d'emprisonnement, dont deux avec sursis. L'accusée et dix autres personnes ont fait appel de cette décision, contestant l'existence d'un dispositif organisé de détournement et affirmant que son parti avait agi de bonne foi.

Les magistrats ont toutefois retenu que la dirigeante avait professionnalisé une méthode initiée de manière irrégulière par son père, Jean-Marie Le Pen, après qu'elle lui avait succédé à la tête du mouvement en 2011. Le ministère public soutenait que l'utilisation des deniers communautaires à des fins nationales constituait une escroquerie structurée.

Les récents sondages d'opinion placent généralement la droite radicale en tête du premier tour du scrutin présidentiel de 2027, bien que les projections pour le second tour divergent. Une enquête réalisée en mai par Harris Interactive Toluna auprès de plus de 1700 électeurs inscrits lui donnait vainqueur face à Jean-Luc Mélenchon, Gabriel Attal ou Édouard Philippe. D'autres études accordent en revanche l'avantage à ce dernier en cas de duel face au camp nationaliste.

Source : Euronews

Source: Google News IE — Crime (en)