Patrick Bruel inculpé pour violences sexuelles et laissé en liberté surveillée
La justice française a inculpé le célèbre artiste de 67 ans pour plusieurs agressions sexuelles présumées. Le parquet, qui réclamait la prison, a vu sa demande rejetée par le magistrat.

Patrick Bruel inculpé pour violences sexuelles et laissé en liberté surveillée
Le parquet de Paris a obtenu mercredi soir la mise en examen de Patrick Bruel pour des faits de viol, tentatives de viol, agressions et harcèlement sexuels présumés sur plusieurs plaignantes. L'interprète de 67 ans a néanmoins été remis en liberté sous contrôle judiciaire, moyennant une caution fixée à 500 000 euros, contre l'avis des magistrats du ministère public qui souhaitaient son incarcération, indique France Info.
L'enquête a débuté par une garde à vue de deux jours, durant laquelle l'accusé a contesté l'ensemble des accusations portées contre lui, selon des informations recueillies par France Télévisions auprès d'une personne informée du dossier.
Les faits visés par l'instruction s'étalent sur près de deux décennies. Le magistrat instructeur retient deux tentatives d'agression sexuelle en 2010, commises respectivement à Bruxelles et à Neuilly-sur-Seine. Trois viols sont également reprochés : en 2012 dans la station balnéaire de Dinard, en 2015 à L'Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse), et en 2019 dans la capitale. La liste comprend encore une agression en 2000 à Grenoble, une autre en 2019 à Perpignan assortie de harcèlement, ainsi que deux cas de harcèlement sexuel en 2019 à Ajaccio et à Nyon (Suisse).
C'est le site Mediapart qui a révélé l'affaire le 18 mars dernier. Daniela Elstner, à la tête d'Unifrance, affirme avoir été agressée et avoir échappé de peu à un viol en novembre 1997, lors d'un festival cinématographique à Acapulco, au Mexique. Elle était alors une jeune femme de 26 ans.
Du côté des parties civiles, l'avocate Myriam Guedj-Benayoun, qui représente deux femmes, s'est dite prête à « collaborer pleinement avec la justice ». Sa consœur Jade Dousselin a qualifié la décision de « première victoire » pour les victimes, rendant hommage au courage de Daniela Elstner, première à briser l'omerta.
Iris Biehler, conseil d'autres plaignantes, a salué « un signal fort » de la part de l'accusation, estimant que les magistrats avaient mesuré la gravité des faits allégués et le danger de répétition ou d'ingérence sur les témoins.
Une autre défenseure, Carine Durrieu Diebolt, s'est montrée plus critique sur BFMTV : « Combien de voix féminines faut-il pour qu'une personnalité soit enfin traduite en justice ? »
Les conditions de sa liberté surveillée sont strictes : interdiction de sortir de France, de contacter les plaignantes ou leurs proches, et d'entrer dans un établissement de massage. Un suivi psychologique est également imposé.
Durant sa garde à vue, trois nouvelles dépositions pour viol et tentative ont été déposées par les cabinets Guedj-Benayoun et Herrmann. Sous le poids des révélations, l'artiste avait déjà annulé fin mai l'essentiel de sa tournée estivale — une douzaine de dates en France, Suisse et Belgique — ainsi que des représentations prévues en décembre au Québec.
Le juge des libertés, saisi par le parquet, a finalement opté pour la liberté surveillée plutôt que la détention provisoire.
Source : Digi24
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