La police de Paris enquête sur plus de cent accusations d'abus d'enfants dans les écoles
La police parisienne enquête sur plus de cent accusations d'abus d'enfants dans des dizaines d'écoles maternelles, primaires et crèches. Les victimes pourraient avoir seulement trois ans.

La police de Paris enquête sur plus de cent accusations d'abus d'enfants dans les écoles
La police de Paris mène une enquête sur plus de cent accusations d'abus d'enfants dans des établissements scolaires. L'investigation couvre des dizaines d'écoles maternelles, environ vingt écoles primaires et une dizaine de crèches dans la capitale française. Les victimes présumées seraient des enfants âgés de trois ans et plus.
Selon la procureure de Paris Laure Beccuau, l'enquête porte sur des accusations concernant de mauvais traitements, des violences physiques et des viols commis par des animateurs périscolaires sur des enfants pendant les pauses déjeuner, les siestes et les activités extrascolaires.
Les animateurs périscolaires sont des adultes chargés de surveiller les enfants pendant les repas, les récréations et diverses activités extrascolaires. Ils passent parfois plus de temps avec les enfants que les enseignants. Ils sont employés par les mairies ou les collectivités locales, souvent sans formation professionnelle et avec des contrats temporaires ou à l'heure, comme l'explique le quotidien britannique The Guardian.
Contrairement à d'autres pays européens, l'éducation est obligatoire dès l'âge de trois ans en France, ce qui signifie en pratique que la plupart des enfants fréquentent l'école maternelle. Les animateurs périscolaires font donc partie intégrante de la vie quotidienne des enfants de trois à onze ans.
Les accusations incluent des cas où des animateurs auraient tiré les enfants par les cheveux, refusé de leur donner à manger, les auraient forcés à manger jusqu'à vomir, ou les auraient agressés et violés.
L'avocat Louis Cailliez, qui représente deux familles parisiennes, a déposé une plainte pénale en février concernant des viols présumés datant de 2025. Dans un cas, une fillette de trois ans aurait été violée par un animateur à l'école. Dans un autre cas, un garçon du même âge aurait été violé par un animateur qui avait été muté dans son école après que des plaintes concernant son comportement violent envers des enfants eurent émergé.
Le site d'investigation français Mediapart a révélé le cas d'un animateur qui, après avoir été accusé de plusieurs agressions mais suite à un classement sans suite, avait simplement été transféré dans une autre école où il a été à nouveau accusé d'abus d'enfants.
Cailliez a qualifié le secteur des animateurs périscolaires en France de "catastrophe" et de "fléau national" dans une déclaration au Guardian.
Le nouveau maire de Paris Emmanuel Grégoire a révélé avoir lui-même été victime d'abus sexuels par un animateur périscolaire pendant son enfance. Il a déclaré qu'il existe une "dysfonctionnement fondamental" dans le système et a lancé en avril un plan de 20 millions d'euros (environ 500 millions de couronnes) visant à simplifier la dénonciation des cas. Il a qualifié la professionnalisation du secteur de sa "priorité absolue".
"Ces incidents ont été traités comme des cas isolés, alors qu'en réalité ils révèlent un risque systémique, et peut-être même un code du silence systémique," a déclaré Grégoire le mois dernier au journal Le Monde.
Entre janvier et avril, la mairie de Paris a mis à l'écart 78 animateurs périscolaires, dont 31 soupçonnés d'abus sexuels.
Le Guardian cite un représentant de l'association de parents SOS Périscolaire qui recueille des témoignages pour l'enquête en cours. Selon lui, il s'agit d'un problème touchant toute la France, pas seulement Paris. Les parents alertaient sur ces problèmes depuis des années, selon le journal.
Zdroj: Aktuálně.cz
Source: Aktuálně.cz