Trafic de drogue à La Reynerie : dix prévenus jugés à Toulouse après l'opération Place nette XXL

Dix personnes comparaissent devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour trafic de stupéfiants sur le point de deal d'Auriacombe, à La Reynerie. Tous ou presque contestent le rôle que leur attribue l'enquête.

Trafic de drogue à La Reynerie : dix prévenus jugés à Toulouse après l'opération Place nette XXL

Dix profils, dix versions devant le tribunal correctionnel de Toulouse

Dix prévenus — cinq en détention, cinq comparaissant libres — sont jugés depuis mardi devant le tribunal correctionnel de Toulouse dans le cadre du dossier du point de deal d'Auriacombe, quartier de La Reynerie. Selon Google News FR — Crime (fr), qui relaye le reportage de La Dépêche du Midi, le procès fait suite à l'opération « Place nette XXL » menée il y a plus de deux ans. Les accusés, âgés de 21 à 45 ans, présentent des parcours très différents : pères de famille pour certains, sans emploi ou insérés professionnellement pour d'autres. Presque tous contestent la place que l'enquête leur attribue dans le réseau.

Un onzième prévenu, Abdelmadjid, ne sera pas jugé avec eux : son dossier a été renvoyé après que son avocat, Me Daniel Molina, a contesté l'expertise de son téléphone, réalisée à Monaco.

Les deux frères au cœur du dossier

Au centre de l'affaire se trouvent les frères Mehdi et Reda. Mehdi, 33 ans, séparé et père de deux enfants de 10 et 6 ans, affirme avoir vécu de la revente de véhicules d'occasion. Interpellé en Espagne, il est présenté par les enquêteurs comme l'un des responsables au sommet du trafic. Son casier judiciaire comporte douze condamnations, dont sept liées aux stupéfiants. À la barre, il conteste toute implication dans le réseau d'Auriacombe.

Son frère Reda reconnaît uniquement les stupéfiants retrouvés à son domicile. « Rien à voir avec le réseau d'Auriacombe », assure-t-il. Les enquêteurs le désignent sous le surnom de « Manu » et lui attribuent un rôle important dans l'organisation, en s'appuyant notamment sur les sonorisations d'une Renault Clio.

Du plus jeune au doyen : des rôles contestés

À 21 ans, Laouari est le plus jeune des prévenus. Il vivait chez ses parents et travaillait dans le bâtiment ; son casier était vierge au moment de l'instruction. Le président du tribunal le décrit comme un « personnage charnière ». Lui reconnaît avoir approvisionné le point de deal à une occasion, mais conteste la place centrale que lui prête l'accusation.

Jennat, 30 ans, ancienne esthéticienne et ex-compagne de Mehdi, comparaît pour blanchiment. Ses conversations téléphoniques, dans lesquelles elle évoquait l'argent circulant autour d'Auriacombe et le rôle supposé de son ancien compagnon, occupent une place importante dans le dossier. « Je reconnais tout ce que j'ai dit, ce sont des on-dit de dehors », se défend-elle. « Vous avez la langue bien pendue. Vous nous plantez le décor », lui répond le président.

Aziz, 45 ans, est le doyen du groupe. Séparé, père de six enfants et bénéficiaire de l'allocation adulte handicapé, il a déjà été condamné pour des faits liés à la drogue. Lors de l'enquête, il avait reconnu avoir joué le rôle de « nourrice ». Près de onze kilos de cannabis avaient été retrouvés à son domicile, ainsi que 2 000 euros en espèces, une télévision neuve et un jet-ski.

Petites mains et rôles minimisés

Abdelkader, 22 ans, vivait chez ses parents et n'avait jamais travaillé, malgré un casier déjà chargé. Les enquêteurs le connaissent sous le surnom de « K2 » et lui attribuent un rôle dans la gestion du point de deal. « Je suis pas le gérant, je suis une petite main », réplique-t-il à la barre.

Mohamed, 28 ans, marié et père de deux enfants, a exercé comme cuisinier puis chauffeur-livreur. Soupçonné d'avoir servi de nourrice, il balaie les accusations : « Je reconnais rien du tout. » Slimane, 33 ans, séparé et père d'un enfant, affirme de son côté avoir quitté depuis longtemps cet univers : « J'ai raccroché les crampons. » Les enquêteurs l'identifient pourtant sous le surnom de « Slip ».

Sammy, domicilié chez ses parents et employé dans la plomberie et le chauffage, conteste lui aussi son implication dans le réseau. Anthony, 35 ans, séparé, père de deux enfants et sans profession, reconnaît seulement avoir servi d'intermédiaire pour de petites quantités de drogue, mais exclut tout lien avec l'organisation poursuivie.

Le président ironise sur les dénégations

Dix parcours, dix versions, et autant de façons de minimiser le rôle attribué par l'enquête. Face à cette accumulation de dénégations, le président a fini par ironiser : « Si on fait la synthèse, devant nous, on n'a pas un réseau de drogue. On s'est bien mis le doigt dans l'œil. »

Le procès se poursuit jusqu'à mercredi. Les qualifications retenues contre les prévenus incluent le trafic de stupéfiants et, pour certains, le blanchiment.

Source: Google News FR — Crime (fr)