Détournement de fonds : délibéré attendu le 30 septembre pour Ary Chalus

Le tribunal judiciaire de Paris rendra son jugement le 30 septembre dans l'affaire Ary Chalus, président de la Région Guadeloupe poursuivi pour détournement de fonds publics.

Détournement de fonds : délibéré attendu le 30 septembre pour Ary Chalus

Jugement le 30 septembre pour le président de Région Ary Chalus

Le tribunal judiciaire de Paris rendra sa décision le mercredi 30 septembre à 13 h 30 dans l'affaire Ary Chalus, rapporte guadeloupe.franceantilles.fr. Après trois jours d'audience et plus de six heures de débats, le tribunal a mis en délibéré le dossier visant le président de la Région Guadeloupe, poursuivi notamment pour détournement de fonds publics.

Le Parquet national financier (PNF) a requis trois ans de prison avec sursis, 100 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire, ainsi qu'une interdiction d'exercer toute fonction publique pendant cinq ans. Le parquet a également demandé l'affichage de la condamnation à la mairie concernée et sa publication pendant deux mois dans plusieurs médias.

La fille d'Ary Chalus, Nathalia Chalus, poursuivie pour recel de détournement de fonds publics, encourt quant à elle six mois de prison avec sursis et 25 000 euros d'amende selon les réquisitions du ministère public.

Face à ces demandes, les trois avocats du président de Région ont soutenu qu'il ne s'agissait pas d'un dossier de détournement mais d'une succession d'erreurs administratives. « Nous reconnaissons des erreurs », a résumé Me Samuel Sauphanor, estimant que « les peines sont au-delà du raisonnable » et réclamant la relaxe totale de Nathalia Chalus ainsi qu'une relaxe partielle pour son client.

Me Charlotte Fichel-Brenner a insisté sur l'évolution des règles applicables aux frais de mandat. « Il était peut-être dans l'erreur, une erreur d'appréciation, mais pas dans un détournement de fonds publics », a-t-elle plaidé, soulevant par ailleurs la question de la prescription d'une partie des faits. La défense a également dénoncé « une absence considérable de pièces » et des dysfonctionnements dans les contrôles administratifs.

Moment inhabituel lors de cette dernière journée d'audience : Me Sauphanor a remis un chèque de 25 286,57 euros à Me Antoine Marchand, avocat de l'Assemblée nationale. Selon la défense, cette somme correspond aux dépenses qu'Ary Chalus reconnaît aujourd'hui comme irrégulières, tout en contestant l'essentiel des accusations du PNF. Pour Me Marchand, ce geste constitue « une forme de reconnaissance d'un certain nombre d'irrégularités », tout en rappelant que les montants contestés par le parquet sont sans commune mesure avec ce remboursement.

Invité à prendre la parole en dernier, Ary Chalus s'est montré particulièrement ému. « Je suis né dans une famille de sept enfants sans papa. Je continuerai à rester gentil. Si je dois prendre des coups pour que d'autres puissent réussir, je prendrai des coups », a-t-il déclaré devant le tribunal.

À la sortie de l'audience, il a vivement contesté les réquisitions du PNF. « Ma conscience est tranquille. Je n'ai pas triché. Il n'y a pas eu d'enrichissement personnel », a-t-il affirmé, estimant que les débats avaient démontré la légalité de nombreuses dépenses mises en cause.

Le tribunal dispose désormais de trois mois pour rendre son jugement, dont les conséquences politiques pour la Région Guadeloupe pourraient s'avérer considérables.

Source: Google News GP — Crime