Meurtre homophobe à Sorgues : l'expert psychiatre dresse un portrait glaçant des accusés
Au deuxième jour du procès à Avignon, un psychiatre a décrit deux des accusés comme dépourvus de culpabilité. La victime, Mickaël, 30 ans, avait été tuée en mars 2023.

Procès pour meurtre homophobe à Sorgues : le psychiatre analyse le profil des deux principaux accusés
Selon ici.fr, le deuxième jour du procès qui se tient à la cour d'assises de Vaucluse, à Avignon, a été marqué mardi par l'audition de plusieurs experts. Laurent Layet, expert en psychiatrie, a occupé la barre pendant près de deux heures pour dresser un portrait détaillé de quatre des six accusés comparaissant dans cette affaire.
Le groupe — dix personnes au total, quatre hommes et six femmes — est jugé pour avoir tendu des guet-apens à des hommes homosexuels dans le Vaucluse en 2023. Au mois de mars de cette année-là, Mickaël, 30 ans, a été tué à son domicile de Sorgues après avoir fixé un rendez-vous via le site Coco.
Intissar et Aymène, seuls mis en examen pour meurtre
Laurent Layet a consacré une part importante de son analyse aux parcours d'Intissar et Aymène, 25 et 24 ans, les deux seuls mis en examen pour le meurtre lui-même. Lors de son audition par l'expert, Intissar avait confié ses motivations : « On faisait des carottes, on sous-tirait de l'argent à des gens en leur faisant miroiter de la drogue ou des faveurs sexuelles. Notre proie, c'était les gens faibles, les PD. »
L'expert psychiatrique décrit ce jeune homme comme présentant « un faible niveau d'accès à la culpabilité et peu de regard critique ». Il évoque une personnalité « anti-sociale », marquée par un « mépris des normes et des règles » ainsi que des « traits de caractère tellement affirmés que cela ne permet pas de s'adapter en société ». Layet conclut sur ce point : « S'il a transgressé, il l'a fait en toute connaissance de cause, car il n'a aucune maladie psychiatrique. » Dans le box des accusés, Intissar a suivi ces déclarations sans manifester le moindre signe d'agacement.
Aymène : des aveux tardifs et une absence de prise de conscience
Un détachement similaire a été observé chez Aymène. À plusieurs reprises durant l'instruction, celui-ci avait affirmé que c'était son ami Intissar qui avait étouffé la victime avec un coussin, avant de finalement reconnaître être lui-même l'auteur du geste. Layet y voit des mécanismes de banalisation, voire de minimisation, et résume : « C'est comme s'il n'avait pas pris conscience qu'une personne était morte. »
L'expert a également noté l'absence totale de réaction émotionnelle lors des entretiens : « Lorsqu'ils m'ont fait la description des faits qui leur étaient reprochés, il n'y a pas eu de recul critique ou de manifestation émotionnelle particulière. »
Une mobilisation associative dès l'ouverture du procès
Lundi 1er juin 2026, premier jour d'audience, une trentaine de personnes s'étaient rassemblées devant le palais de justice d'Avignon. Plusieurs associations LGBT présentes réclamaient « Justice pour Mickaël », scandant le nom de la victime tuée à Sorgues en mars 2023. Le procès se poursuit toute la semaine devant la cour d'assises de Vaucluse.
Source: Google News FR — Crime (fr)