Atelier clandestin d'armes en 3D démantelé près de Pau : quatre interpellations
Un garage de Soumoulou servait de laboratoire pour produire des pistolets en polymère. Quatre jeunes du Béarn, de 17 à 21 ans, ont été arrêtés et mis en examen.

Atelier clandestin d'armes en 3D démantelé près de Pau : quatre interpellations
Quatre individus originaires du Béarn ont été placés en garde à vue mardi 9 juin dans l'agglomération paloise. Ils sont accusés d'avoir exploité un garage de Soumoulou comme atelier de production illégale de pistolets, en utilisant une imprimante 3D.
L'affaire remonte à un contrôle effectué il y a trois mois aux abords de la gare de Toulouse. Des fonctionnaires ont interpellé un homme et une femme en possession de deux armes de poing d'un poids inhabituel. Les experts ont examiné minutieusement les composants et ont isolé un profil génétique sur un ressort, correspondant à un jeune déjà signalé dans les fichiers policiers. Cette découverte a permis de localiser le local artisanal dissimulé dans une zone d'activités de Soumoulou, à la frontière entre les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques.
À l'intérieur du hangar, les forces de l'ordre ont mis au jour une structure opérationnelle aménagée sur une mezzanine, dotée d'équipements d'assemblage et d'un stock de projectiles. Selon les estimations, plusieurs dizaines de copies de pistolets semi-automatiques ont été assemblées sur place entre janvier et mai, puis écoulées dans les régions de Toulouse et Pau à travers des plateformes cryptées. Le tarif moyen s'élevait à environ 300 euros par pièce.
Lors de la comparution, le juge d'instruction a ordonné l'incarcération de deux prévenus : celui qui aurait assuré la fabrication et l'un des écouleurs. Les deux autres, dont un vendeur n'ayant pas atteint sa majorité et le propriétaire du garage loué, ont été relâchés sous surveillance judiciaire. L'ensemble du groupe fait l'objet d'une mise en examen pour violations de la réglementation sur les armes. Certains membres présentaient déjà un casier judiciaire.
La dangerosité de ces engins réside dans leur composition : réalisés en matière plastique, ils peuvent échapper aux détecteurs de métaux et leur traçabilité est quasi nulle. Cette opération illustnte l'émergence d'un marché parallèle où la technologie numérique permet de contourner les circuits légaux. Les enquêteurs cherchent désormais à cartographier l'ensemble des acheteurs et à quantifier les gains réalisés par cette filière.
Le parquet de Toulouse supervise la suite des investigations.
Source : NR Pyrénées
Source: Google News FR — Crime (fr)