Louis, 17 ans, lynché à mort à Narbonne : guet-apens filmé après des semaines de harcèlement

Un adolescent de 17 ans est décédé le 23 juin à Narbonne après un lynchage filmé par ses agresseurs. Cinq suspects, âgés de 16 à 20 ans, ont été interpellés.

Louis, 17 ans, lynché à mort à Narbonne : guet-apens filmé après des semaines de harcèlement

Mort de Louis à Narbonne : une plainte ignorée, un guet-apens fatal

Selon ladepeche.fr, Louis, un adolescent de 17 ans, est mort mardi 23 juin des suites d'un lynchage filmé survenu dans la nuit du vendredi 19 juin sur un chantier de Narbonne, dans l'Aude. Cinq suspects — dont trois mineurs — ont été interpellés grâce aux vidéos diffusées sur TikTok et à des témoignages décisifs.

Des semaines de harcèlement avant le drame

Louis avait été placé récemment dans un foyer de l'Aide sociale à l'enfance (ASE) à la demande de sa famille. Souffrant de troubles de l'attention, il était régulièrement la cible de harcèlement de la part de plusieurs résidents. Une première plainte avait été déposée le 11 mai au commissariat de Narbonne. « Il ressort des fichiers de police qu'il avait déposé plainte auprès du commissariat de Narbonne pour des faits mettant en cause d'autres jeunes sans aucun lien avec les mis en examen », a indiqué le procureur de la République de Narbonne dans un communiqué.

Le 12 juin, l'adolescent s'était rendu dans une gendarmerie du Tarn pour dénoncer des violences en réunion. Les militaires l'avaient encouragé à porter plainte formellement, mais Louis avait refusé, malgré son hospitalisation à la suite de cette première agression, rapporte BFMTV.

Un rendez-vous qui tourne au piège

Une semaine plus tard, dans la nuit du 19 juin, les agresseurs donnent rendez-vous à Louis vers 23h30 sur le parvis de la médiathèque de Narbonne. Le groupe se dirige ensuite vers le quai d'Alsace, à proximité du canal de la Robine. C'est là, au pied d'un immeuble en construction, que l'adolescent tombe dans un guet-apens.

Louis est roué de coups de poing et de pied à la tête, au sol, tandis que ses agresseurs filment la scène en riant. Ils quittent les lieux, puis reviennent plus nombreux. Les caméras de surveillance permettent de dénombrer une dizaine d'individus sur place ; cinq d'entre eux poursuivent l'acharnement avant de s'éloigner définitivement.

Découvert inanimé le lendemain matin

Le samedi 20 juin à 9 heures, un ouvrier découvre le corps de l'adolescent sur le chantier. Les pompiers et les forces de l'ordre interviennent à 9h15. Louis présente alors un visage tuméfié et couvert de sang séché, des convulsions, des difficultés respiratoires et des râles. Transporté en état critique à l'hôpital de Narbonne, il est ensuite transféré à Perpignan, où il est placé en coma artificiel « en raison d'un saignement persistant au niveau du cerveau ». Opéré en urgence, il succombe à ses blessures dans la journée du mardi 23 juin.

TikTok et témoins permettent les arrestations

Les enquêteurs se sont appuyés sur les vidéos de l'agression partagées sur TikTok pour identifier les suspects. Un premier coup de pouce décisif est venu d'un jeune homme qui a contacté le commissariat de Narbonne le 20 juin, affirmant connaître l'un des auteurs — également placé en foyer ASE — qui se serait « vanté d'avoir battu Louis puis de l'avoir laissé inconscient ». Ce témoin aurait transmis une vidéo de l'agression aux enquêteurs, selon Le Figaro.

Une femme a également alerté les forces de l'ordre, expliquant que son fils avait fugué après lui avoir avoué avoir fait « une grosse connerie ». Le jeune homme aurait pris la fuite en direction d'Albi, dans le Tarn, à plus de 200 kilomètres du lieu du drame. Ces éléments ont permis d'identifier deux suspects. Les trois autres auteurs présumés ont été localisés grâce aux auditions du personnel de l'ASE de Narbonne et au visionnage des images de vidéosurveillance.

Cinq suspects âgés de 16 à 20 ans

Les cinq mis en cause, âgés de 16 à 20 ans, sont tous passés par différents foyers d'Occitanie, entre Toulouse, Carcassonne, Monestiés et Narbonne. Ils ont « en partie » reconnu les violences infligées à Louis. « Rien ne laisse supposer qu'il s'agit d'un crime à connotation raciste comme le laissent supposer les commentaires dans certains médias », a précisé une source proche du dossier auprès du Figaro.

Source: Google News LU FR