Procès Jubillar renvoyé en 2027 après aveux du meurtre de Delphine Aussaguel
Le second procès de Cédric Jubillar, qui a avoué avoir étranglé son épouse en 2020, est reporté au premier semestre 2027 pour permettre de nouvelles investigations.
Procès Jubillar reporté : les aveux bouleversent le calendrier judiciaire
Le second procès de Cédric Jubillar, initialement fixé en septembre, ne se tiendra pas avant le premier semestre 2027. La présidente de la cour d'assises de Haute-Garonne a ordonné mardi ce renvoi à l'issue d'une réunion tenue au palais de justice de Toulouse avec l'ensemble des parties. Selon france24.com, qui cite un communiqué de la cour d'appel de Toulouse, la décision a été prise "compte tenu des délais nécessaires à la réalisation des actes restant à entreprendre, au déroulement serein de l'enquête et au respect du contradictoire".
Des aveux après cinq ans et demi de silence
La cause directe de ce report est le revirement spectaculaire de Cédric Jubillar. Après cinq ans et demi de dénégations, le peintre-plaquiste de 38 ans a reconnu, d'abord dans un courrier daté du 6 juillet, puis le 15 juillet face aux enquêteurs, avoir tué son épouse Delphine Aussaguel.
Selon le procès-verbal de ses déclarations, révélé par RTL, Le Parisien et Le Monde et dont l'AFP a également eu connaissance, Jubillar a décrit les faits en ces termes : "Elle m'a dit quelque chose qui m'a fait péter les plombs, j'ai vrillé, je voulais qu'elle se taise, je l'ai attrapée par le cou et j'ai serré. Je lui disais +tais-toi, tais-toi, je t'en supplie, tais-toi!+" Il a ajouté : "Elle est tombée inerte (...) Il m'a fallu quelques instants pour réaliser que je venais de tuer la mère de mes enfants."
Une disparition en 2020, un corps retrouvé en 2026
Delphine Aussaguel, infirmière de 33 ans, avait disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn, près d'Albi. Son corps n'avait jamais été retrouvé malgré de longues recherches des gendarmes. À la suite de ses aveux, Jubillar a indiqué aux enquêteurs avoir dissimulé le corps en bordure d'un champ, à une dizaine de kilomètres de leur domicile. Des fouilles menées sur place ont permis de découvrir des ossements dont l'analyse a confirmé qu'il s'agissait bien de ceux de la disparue.
Malgré l'absence de preuves directes et d'aveux lors de la première procédure, Jubillar avait été mis en examen dès juin 2021, puis condamné en octobre 2025 à trente ans de réclusion criminelle. Il a fait appel de cette condamnation, ce qui a engendré le présent procès en seconde instance.
Nouvelles expertises attendues
Le report a recueilli un "consensus" lors de la réunion de mardi, selon Malika Chmani, avocate des enfants du couple. Laurent de Caunes, avocat des frères et sœur de la disparue, a précisé que ce délai permettra de conduire "des investigations (et) des expertises de personnalité, au regard du nouveau positionnement de Cédric Jubillar sur les faits".
Danaé Jeanclos, avocate d'une amie de Delphine Aussaguel, a souligné que "ce nouveau délai va permettre de réaliser de nouveaux actes d'instruction qui n'avaient pas pu être mis en œuvre auparavant car on n'avait pas les aveux de Cédric Jubillar". Parmi les actes envisagés figurent une expertise psychiatrique et psychologique — demandée par la défense —, une éventuelle reconstitution et de nouvelles fouilles. Pour l'avocate des enfants, ces mois supplémentaires sont acceptables si ils permettent "d'avoir une justice de qualité et d'avoir des réponses à des questions".
Son avocat Pierre Debuisson a indiqué que Jubillar a désormais conscience d'avoir commis "un acte abominable".
Détention provisoire prolongeable
Le procès en appel devrait se tenir avant le 19 avril 2027, selon plusieurs avocats. La détention provisoire de Jubillar, qui "arrive à échéance le 20 octobre 2026, pourra être prolongée de six mois, renouvelable une fois", précise la cour d'appel de Toulouse. Incarcéré à l'isolement à la maison d'arrêt de Seysses, près de Toulouse, il s'est vu retirer en décembre l'autorité parentale sur ses deux enfants, âgés de 11 et 6 ans, désormais confiés à leur tante maternelle par décision de justice. Il sera jugé pour le même chef d'accusation qu'en première instance : meurtre par conjoint.
Source: Google News MA — Crime (fr)