Incendie mortel de Décines-Charpieu : quatre suspects en garde à vue, deux sont mineurs
Quatre jeunes âgés de 16 à 18 ans ont été interpellés près de deux semaines après l'incendie qui a tué trois personnes dans le Rhône. Les enquêteurs privilégient la piste d'un règlement de comptes lié au narcotrafic.

Quatre arrestations après l'incendie criminel de Décines-Charpieu
Quatre jeunes âgés de 16 à 18 ans sont en garde à vue depuis le jeudi 21 mai à l'hôtel de police de Lyon, soupçonnés d'être impliqués dans l'incendie criminel qui a coûté la vie à trois personnes dans le quartier de Décines-Charpieu, dans le Rhône. Selon France Info, deux d'entre eux sont mineurs. L'annonce de ces arrestations, intervenue le vendredi 22 mai, a été accueillie avec soulagement par les habitants du quartier.
L'incendie s'était déclaré le matin du 11 mai, vers 7h30. Deux hommes de 28 ans et une femme de 61 ans ont péri dans les flammes. Une riveraine, Claude Mercier, présente ce jour-là au pied de l'immeuble, a confié à France Info : « Il y a toujours l'image qui reste ancrée. Et même si je ne connais pas personnellement ces personnes-là, rien que de les entendre hurler, la détresse... » Elle a précisé être encore très affectée : « Et ça va durer un petit moment. »
Règlement de comptes sur fond de trafic de drogue
Les enquêteurs privilégient la piste d'un acte d'intimidation dans le cadre d'une guerre de territoire liée au trafic de stupéfiants. Parmi les quatre gardés à vue, certains seraient déjà connus des services de police.
Laurence Fautra, maire LR de Décines-Charpieu, s'est exprimée sur le profil des suspects : « Je ne sais même pas s'ils sont manipulés par d'autres personnes un peu plus âgées. En tout cas, c'est dramatique d'en arriver là et de faire ça. Je ne sais pas si, honnêtement, ils se rendent compte de leurs actes, mais je pense que la police et la justice vont leur rappeler. »
Des habitants ont réagi avec une prudence mêlée de résignation. L'un d'eux s'est dit « rassuré » tout en ajoutant : « C'est normal, il y a une enquête. Après, il faut voir si c'est eux. Voilà, c'est triste de toute façon. » Une autre riveraine a pointé les limites de la réponse judiciaire face au narcotrafic : « C'est toujours ça, mais le trafic de drogue... Je crois qu'ils s'y sont pris un petit peu tard. »
Une violence liée au narcotrafic qui s'étend à toute l'agglomération lyonnaise
Depuis l'incendie du 11 mai, la présence policière a été renforcée dans le secteur. L'affaire s'inscrit dans un contexte plus large de montée de la violence liée au trafic de stupéfiants dans la région lyonnaise.
Le jeudi 21 mai, jour du placement en garde à vue des quatre suspects, deux personnes ont été blessées lors d'une fusillade dans le 8e arrondissement de Lyon. Deux jours auparavant, le mardi 19 mai, une vaste opération de lutte contre le trafic de stupéfiants avait conduit à l'arrestation de plus d'une centaine de personnes dans toute l'agglomération lyonnaise.
Source: France Info