Fausse prise d'otages à Agde : appartement vide après une longue mobilisation policière

Un homme armé semblait retranché rue Louis-Bages à Agde samedi, menaçant de tuer sa famille. L'appartement s'est révélé vide : c'était un canular.

Fausse prise d'otages à Agde : appartement vide après une longue mobilisation policière

Alerte au forcené à Agde : plusieurs heures de mobilisation pour une farce

Un appartement vide au 3e étage du 12, rue Louis-Bages, à Agde — c'est ce que les policiers ont découvert vers 20 h 30 ce samedi 6 juin, après une après-midi entière de négociations tendues avec un pretendu forcené armé. Selon les informations recueillies par Midi Libre, l'ensemble du dispositif déployé en centre-ville n'a servi à rien : l'alerte était un canular.

Un appel très crédible, des menaces explicites

Tout avait commencé en début d'après-midi. Un homme était entré dans son domicile, non loin de la promenade d'Agde, et des voisins avaient signalé une violente dispute, suivie de coups de feu tirés en l'air et de cris. Les forces de l'ordre, appelées en renfort, avaient rapidement établi un contact téléphonique avec l'individu. Ce dernier avait lancé un avertissement sans équivoque : « Si vous tentez quoi que ce soit, je les tue tous. »

Les enquêteurs avaient alors engagé un drone d'observation et mobilisé les équipes de la Brigade anticriminalité (Bac), des CRS et d'autres policiers d'Agde. Le Raid, lui, n'avait pas été sollicité. Le contact avec le forcené avait ensuite été rompu, sans explication, laissant les forces de l'ordre dans l'incertitude.

Le maire sur place, les doutes grandissent

Aurélien Lopez-Liguori, maire d'Agde, avait passé une grande partie de l'après-midi sur les lieux. En fin de journée, il exprimait ses interrogations : « Franchement, je me pose beaucoup de questions. Ça n'a pas bougé de l'après-midi. J'espère que ce n'est pas une farce. » Ses doutes se sont avérés fondés.

Vers 20 h 30, les policiers sont passés à l'action et ont forcé la porte de l'appartement. Il était vide. À 21 heures, le dispositif était entièrement levé.

« C'était très crédible » : un canular difficile à détecter

Une source ayant suivi l'intervention a confirmé à Midi Libre la nature de l'opération. « C'était un canular. Il y en a de plus en plus et c'est malheureusement de plus en plus compliqué parce qu'ils sont très réalistes », a-t-elle déclaré.

Ce témoin a détaillé le déroulement de l'alerte initiale : « Un premier appel nous explique qu'un homme vient de frapper sa mère. Au téléphone, nous entendions des cris. Puis des coups de feu. Le ton montait. Nous étions entrés en contact avec le forcené, il semblait très tendu. C'était très crédible. »

Face à une telle situation, la prudence s'impose. « Nous avons gardé le contact un temps, puis nous l'avons perdu. Nous avons mis en place un gros dispositif alors que nous commencions à avoir des doutes. Mais dans pareil cas, nous ne pouvons pas nous permettre de nous tromper. Il faut y aller et ce peut être très dangereux », a poursuivi la même source.

Auteur inconnu, conséquences réelles

Les policiers avaient un temps géolocalisé les téléphones utilisés lors des appels, avant de perdre leur trace. À l'heure de la levée du dispositif, personne ne savait avec certitude qui avait passé ces appels.

La conséquence pratique reste toutefois préoccupante : pendant plusieurs heures, un très grand nombre de fonctionnaires étaient mobilisés sur une intervention fictive, indisponibles pour répondre à d'éventuels incidents réels.

Source: Google News FR — Crime (fr)