Suicide de Joris, 21 ans, à Châtonnay : deux enquêtes ouvertes pour harcèlement racial
Le parquet de Vienne a ouvert deux enquêtes après la mort de Joris Laurencin, 21 ans, le 13 juillet à Châtonnay (Isère), sur fond de harcèlement et d'insultes racistes.

Deux enquêtes après la mort de Joris Laurencin, 21 ans, à Châtonnay
Le parquet de Vienne a ouvert deux enquêtes distinctes à la suite du suicide de Joris Laurencin, un jeune homme de 21 ans retrouvé mort le 14 juillet à Châtonnay (Isère), rapporte franceinfo.fr. La première porte sur la recherche des causes de la mort ; la seconde vise des faits de menaces de mort réitérées à raison de la race, harcèlement moral, provocation au suicide, bizutages et injures en raison de l'origine.
Le corps de Joris a été découvert le lendemain de son décès, survenu le 13 juillet. Une carabine se trouvait à proximité. Le médecin légiste a conclu à un suicide par arme à feu.
Insultes et humiliations répétées depuis 2024
Selon l'avocate de la famille, le jeune homme était régulièrement visé par des insultes, des menaces et des humiliations en raison de ses origines algériennes. Les auteurs présumés sont des jeunes issus de Châtonnay et de la commune voisine de Saint-Jean-de-Bournay, dont certains membres d'un club de rugby local. « Joris avait eu l'occasion de se confier à maintes reprises à son père. Il disait qu'il y avait des jeunes du village, qui appartenaient au club de rugby local, qui très régulièrement à l'occasion de manifestations, de fêtes, se moquaient de lui à cause de ses origines algériennes », a-t-elle déclaré à ICI Isère.
La famille a déposé plainte le 17 juillet pour des faits de harcèlement moral et d'injures subis entre 2024 et 2026. L'association iséroise SOS Racisme a mis des moyens juridiques à la disposition des proches de Joris dans le cadre de cette procédure.
Un appel à témoins après une fête foraine
Sur Facebook, la famille a lancé un appel à témoins pour reconstituer les événements, notamment ceux survenus lors d'une fête foraine à Saint-Jean-de-Bournay le 30 juin. « Chaque information, même si elle vous paraît minime, peut être utile à l'enquête. Aujourd'hui, notre famille est brisée », peut-on lire dans le message diffusé en ligne.
Réactions politiques
Plusieurs responsables politiques de gauche se sont exprimés publiquement sur l'affaire. Sur le réseau social X, le chef de file de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon a évoqué un « meurtre par harcèlement ». Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a pour sa part écrit : « Le racisme tue psychiquement ».
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Si vous traversez une période de détresse ou avez des pensées suicidaires, le numéro national 3114 est joignable 24h/24 et 7j/7. L'association Suicide Écoute propose également une écoute au 01 45 39 40 00.
Source: Le Monde - Justice