Meurtre de Lyhanna, 11 ans : un récidiviste libéré malgré des accusations de violences sexuelles sur mineure
Le corps de Lyhanna, 11 ans, a été découvert dans un silo abandonné dans le Gers. Le principal suspect, Jérôme Barella, 31 ans, était en liberté malgré une accusation de viol sur une enfant de 10 ans. L'affaire déclenche une crise nationale et une révision de dizaines de milliers de dossiers.

Meurtre de Lyhanna, 11 ans : un récidiviste libéré malgré des accusations de violences sexuelles sur mineure
Le 4 juin, Lyhanna a quitté son école à Fleurance, dans le sud-ouest de la France. Elle ne rentrera jamais chez elle. Après des recherches intensives, les enquêteurs ont retrouvé son corps dans un silo à grains désaffecté près de Puycasquier, dans le département du Gers. Selon Aktuálně.cz, l'affaire provoque une crise de confiance sans précédent envers le système judiciaire français.
Les policiers ont rapidement arrêté Jérôme Barella, 31 ans, père d'une camarade de classe de la victime. Des caméras de surveillance l'avaient filmé en compagnie de la fillette le jour de sa disparition. Il a été mis en examen pour enlèvement et assassinat d'un mineur.
L'indignation publique a explosé lorsque les registres judiciaires ont révélé les antécédents de l'homme. Selon la station RTL, Barella faisait l'objet de plusieurs signalements pour des faits de violence sexuelle sur des enfants. Le plus grave : en 2025, il avait été accusé du viol d'une fillette de dix ans. Pourtant, pendant des mois, ni la police ni les tribunaux ne l'avaient entendu, interpellé ou jugé. Les services se renvoyaient le dossier jusqu'à ce que le drame survienne.
L'histoire familiale ajoute une dimension encore plus sombre. En 2013, le père de Barella avait lui aussi été accusé de viol sur un enfant. Cette enquête s'était alors évaporée et le dossier avait été classé. La police rouvre aujourd'hui ces deux affaires à la hâte pour examiner les liens familiaux.
La tragédie a dégénéré en manifestations massives. Plus de six mille personnes ont défilé dans les rues de Fleurance et Puycasquier. Ce qui commençait comme des marches blanches s'est transformé en protestations contre l'incapacité des pouvoirs publics. Sur les pancartes, aux côtés de l'inscription « Justice pour Lyhanna », une question accablante : « Combien d'enfants encore ? »
Sous la pression, le gouvernement a cédé. Le ministre de la Justice a reconnu publiquement la défaillance du système et a ordonné une révision exceptionnelle de dizaines de milliers de dossiers non résolus concernant des violences sexuelles sur mineurs.
Pour l'opposition et les experts, cette annonce reste un geste vide. La France a certes durci sa législation après l'affaire Dominique Pelicot, où un homme avait drogué sa femme pendant des années pour la faire violer par des dizaines d'inconnus. Mais sur le terrain, peu a changé. Selon les données du Conseil de l'Europe, la France sous-finance chroniquement sa justice. Le pays manque cruellement de magistrats et de procureurs, les tribunaux sont saturés et les enquêtes s'éternisent pendant des années.
Source: Aktuálně.cz