Trafic de cocaïne international : un Brestois jugé à Rennes à partir du 4 mai 2026
Un quinquagénaire de Brest comparaît devant la JIRS de Rennes pour trafic de cocaïne international, aux côtés de douze coaccusés. Sa demande de remise en liberté a été rejetée.

Cocaïne venue de Punta Cana : un Brestois renvoyé devant la juridiction spécialisée de Rennes
Selon actu.fr, un homme d'une cinquantaine d'années originaire de Brest comparaîtra à partir du lundi 4 mai 2026 devant la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Rennes, pour répondre d'un trafic de cocaïne à dimension internationale. Les audiences sont prévues sur trois semaines.
L'accusé, qui fêtera ses 50 ans en juillet, était jusqu'alors inconnu de la justice. Il est renvoyé devant la JIRS aux côtés de douze autres prévenus, hommes et femmes, pour « importation de stupéfiants », « détention » et « participation à une association de malfaiteurs ».
Interpellé en flagrant délit sur un parking d'Orly
Le Brestois avait été arrêté en flagrant délit sur un parking alors qu'il chargeait des « pains de cocaïne » dans un véhicule équipé d'une cache dissimulée. La drogue venait d'arriver dans la valise d'une mule à l'aéroport d'Orly, en provenance de Punta Cana, en République dominicaine. Le dossier présente des ramifications à Orly (Val-de-Marne) et à Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique).
Reconnu travailleur handicapé, l'homme a admis avoir commis les faits « pour quelques centaines d'euros ». Ancien soudeur tuyauteur à l'Arsenal de Brest, il est également décrit comme ayant été « sans doute en lien direct, au moins depuis 2021 » avec Issam Lahrach, dit La Plume, suspecté d'être à la tête d'un réseau financier alimenté par des activités illicites « gérées depuis le Maroc », où il est en fuite depuis plusieurs années. Les autorités le désignent comme « le patron des patrons » du trafic de drogue à Nantes, dont l'influence s'étendrait à d'autres secteurs du Grand Ouest.
Trois décisions de remise en liberté, toutes annulées en appel
Surnommé « Monsieur Presque » par l'une de ses avocates, Me Éloïse Donnart, le Brestois a fait l'objet de trois décisions de remise en liberté rendues par trois juges des libertés et de la détention différents à Rennes. À chaque reprise, la Chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Rennes a infirmé ces décisions. L'homme est incarcéré depuis le 29 septembre 2023.
Son autre avocat, Me Sobieslaw Bemmoussat, pénaliste parisien, dénonce une situation qui revient selon lui à jouer à « la roulette russe ». Il déplore que d'autres suspects « beaucoup plus impliqués » et « avec un passif judiciaire plus important » aient, eux, été remis en liberté par la Chambre de l'instruction durant l'information judiciaire.
« Ce qui a posé problème, c'est qu'on lui reproche une proximité avec Issam Lahrach », analyse Me Bemmoussat. « À supposer que celui-ci est impliqué, si on devait prendre en compte cet élément de proximité, alors personne n'aurait pu sortir au regard du dossier », ajoute-t-il. L'avocat souligne par ailleurs que « ce n'est pas un critère légal pour le maintenir en détention provisoire ».
Demande de mise en liberté rejetée à la veille du procès
Le 30 avril 2026, les deux avocats ont formé une demande de mise en liberté devant la JIRS de Rennes, dénonçant une « différence de traitement » entre leur client et d'autres coaccusés. L'accusé proposait d'être hébergé chez ses parents à Brest pendant la durée du procès, ou de « prendre un hôtel à Rennes » le temps des débats.
Il a également fait valoir des problèmes de santé : des tympans éclatés nécessitant la pose de diabolos, ainsi que des crises de sciatique. Il estimait néanmoins pouvoir « trouver un travail » malgré ses douleurs dorsales.
Le tribunal a rejeté la demande, invoquant la nécessité de « garantir sa représentation » et d'« empêcher toute concertation frauduleuse ». « Cette décision est incompréhensible pour lui : il la vit comme un acharnement », a réagi Me Bemmoussat à l'issue de l'audience.
L'intéressé avait lui-même déclaré lors de l'audience : « Je préfère dormir en prison que d'être entre leurs mains. »
Source: Google News FR — Crime (fr)