5 kg de cocaïne cachés dans une trappe sur l'A6 : 3 et 2 ans de prison ferme
Un couple intercepté sur l'A6 à Fontaines avec 5 kg de cocaïne dissimulés dans une trappe de leur véhicule a été condamné à 36 et 24 mois de prison.

Cache secrète sur l'A6 : un couple condamné pour transport de 5 kg de cocaïne
Selon info-chalon.com, c'est le 25 avril dernier, sur l'aire de la Curney à Fontaines, que les agents des douanes ont intercepté une SEAT en fin de journée. Deux sièges enfants étaient installés à l'arrière. À bord : un homme d'une cinquantaine d'années et une femme d'une trentaine. Sous l'accoudoir central, une trappe aménagée dissimulait cinq kilogrammes de cocaïne dosée à 80 %. Dans la trousse de maquillage de la passagère, près de quatre grammes supplémentaires de la même drogue.
L'immatriculation du véhicule était provisoire ; la voiture appartenait à la sœur de la passagère. Lors du contrôle, cette dernière a demandé à récupérer son pull, invoquant le froid. Les douaniers ont inspecté le vêtement avant de le lui remettre : la clé du véhicule se trouvait dans la poche ventrale.
Des versions radicalement opposées
Placés en détention provisoire le 29 avril, les deux prévenus ont comparu le lundi 1er juin en comparution à délai différé, le temps que les analyses de chaque sachet confirment la nature des substances saisies. À l'audience, chacun a mis en cause l'autre.
L'homme a reconnu les faits. Il a expliqué qu'après un échec de livraison en Belgique, qui lui avait valu une condamnation, son commanditaire l'avait mis en dette et contraint, sous la menace et après des coups, à effectuer ce nouveau transport sans rémunération. Il a désigné sa passagère comme la belle-sœur du commanditaire : « Elle était là pour surveiller. »
La femme, née en Tunisie, résidant selon les déclarations en Italie tout en travaillant dans un restaurant tunisien du côté de Cannes, a nié toute implication. Ses explications à l'audience ont été jugées contradictoires par la procureure : « Elle dit n'importe quoi. » La prévenue a à son tour mis en cause son coprévenu, affirmant avoir été menacée et utilisée.
L'homme, divorcé, père de deux enfants, percevait le RSA depuis sa sortie de prison. Il avait déjà été condamné aux Pays-Bas à trente mois ferme pour transport et détention de stupéfiants. La femme, sans casier judiciaire, n'a pas d'enfants.
La procureure pointe l'arrogance des trafiquants
L'agent des douanes présent à l'audience a requis une condamnation fondée sur la présomption de responsabilité inscrite dans le code des douanes, ainsi qu'une amende de près de 145 000 euros. Il s'est fermement opposé à la restitution du véhicule, réclamée par sa propriétaire : « Ce véhicule a une cache aménagée et ne doit plus circuler nulle part, ni en France ni ailleurs. »
La procureure a qualifié les deux prévenus de « maillons d'un trafic », soulignant à ce titre leur importance. Sur la passagère, elle a relevé que le pull retrouvé avec la clé était de taille S et lui appartenait donc bien. Elle a également signalé la présence, dans le téléphone de la prévenue, de vidéos montrant des liasses d'argent et des armes. « Les trafiquants de stupéfiants sont toujours perdus par leur arrogance, ils ne résistent pas à se faire photographier avec de l'argent, et elle aussi, et en plus, avec des armes. »
La procureure a rappelé l'ampleur des dégâts causés par la cocaïne et noté une évolution significative du marché : « Il y en a de plus en plus, le gramme aujourd'hui est à 20 euros, avant il était à 60 euros. » Elle a requis quarante mois ferme pour l'homme, en état de récidive légale, et trois ans ferme pour la femme, assortis dans les deux cas d'une interdiction du territoire français de cinq ans.
Les avocats de la défense se renvoient la balle
Maître Massard, pour l'homme, et une avocate parisienne, pour la femme, ont plaidé avec force. Leurs argumentaires ont reflété fidèlement les positions de leurs clients respectifs : chacun chargeait l'autre prévenu. À l'issue des débats, l'homme a indiqué n'avoir rien à ajouter. La femme a pris une dernière fois la parole : « Je n'ai rien à voir dans cette histoire, je ne veux pas aller en prison, il m'a menacée, il m'a utilisée. »
Le tribunal condamne et confisque le véhicule
Le tribunal correctionnel de Chalon-sur-Saône a déclaré les deux prévenus coupables. L'homme a été condamné à trente-six mois de prison, avec maintien en détention. La femme a écopé de vingt-quatre mois de prison, également avec maintien en détention. La demande de restitution du véhicule a été rejetée : la SEAT est confisquée. Les deux condamnés devront par ailleurs s'acquitter solidairement d'une amende douanière de 144 527 euros.
Source: Google News FR — Crime (fr)