Atelier d'armes en 3D découvert dans un hangar des Pyrénées-Atlantiques
Quatre jeunes gens, âgés de 17 à 21 ans, ont été appréhendés après la découverte d'un atelier secret où des pistolets semi-automatiques étaient produits par impression tridimensionnelle, près de Pau.

Atelier d'armes en 3D découvert dans un hangar des Pyrénées-Atlantiques
Un bâtiment industriel dissimulé dans une zone artisanale de Soumoulou, localité de 1 600 âmes située au pied des Pyrénées, abritait une fabrique illégale de pistolets. Les enquêteurs de la PJ toulousaine ont démantelé ce lieu où des armes de poing étaient confectionnées à partir d'une imprimante tridimensionnelle.
Les investigations ont pris leur essor il y a trois mois aux abords de la gare toulousaine. Des agents ont interpellé un couple en rue et découvert sur eux deux armes de poing réalisées par cette méthode. Ce type de fabrication offre un avantage considérable aux trafiquants : l'absence totale de traçabilité. Aucun registre ne répertorie ces pièces, qui peuvent être transportées sans laisser de trace administrative. Yves Gollety, à la tête de la Chambre syndicale des armuriers, a décrit ces objets comme "intraçables" et "sous tous les radars" dans un reportage diffusé par franceinfo.
Malgré cette opacité, les techniciens ont réussi à faire progresser l'enquête en démontant les engins saisis. L'examen minutieux d'un ressort a permis d'extraire un profil génétique, conduisant à l'identification d'un jeune individu fiché par la police. Cette découverte a orienté les recherches vers le hangar de Soumoulou, dont une mezzanine servait d'espace de montage et de stockage pour les munitions.
Mardi dernier, quatre personnes de 17 à 21 ans ont été placées en garde à vue. Maître Thierry Sagardoytho, qui assure leur défense, a rejeté l'image de délinquants endurcis. Il a qualifié ses clients d'"apprentis sorciers" plutôt que de malfaiteurs en devenir, précisant que l'un d'eux est un étudiant bien inséré socialement. Selon ses déclarations à franceinfo, ces jeunes écoulaient leur production sur des réseaux peu fréquentés.
Les pistolets changeaient de mains via des messageries cryptées pour une somme moyenne de 300 euros. Ces engins fantômes, accessibles à de petits délinquants, préoccupent les autorités. Daniel Domengé, représentant du syndicat Alliance dans les Pyrénées-Atlantiques, a dénoncé ce système auprès du même média : les fabricants livrent les armes avec leurs munitions, et les acheteurs les utilisent à leurs risques, ce qui représente une voie détournée pour faire circuler davantage d'armes sur le territoire national.
Les policiers cherchent désormais à évaluer le volume total de la production et à identifier les acheteurs de ces pistolets artisanaux.
Source: France Info