Condamnation pour incitation à la haine après le meurtre d'Aboubakar Cissé

Un militant associatif de La Grand-Combe a été jugé à Alès pour des publications en ligne hostiles. Il écope d'un stage de citoyenneté et 500 € d'amende.

Condamnation pour incitation à la haine après le meurtre d'Aboubakar Cissé

Condamnation pour incitation à la haine après le meurtre d'Aboubakar Cissé

Un procès s'est ouvert devant le tribunal correctionnel d'Alès concernant des propos tenus sur internet. Un homme résidant à La Grand-Combe, dans le département du Gard, a été jugé pour des publications en ligne qualifiées de menaçantes par la justice. Le magistrat a ordonné qu'il suive une formation à la citoyenneté et lui a infligé une sanction pécuniaire de 500 €.

Tout a commencé au mois de mai 2025, quand l'autorité préfectorale du Gard a alerté le parquet suite à un signalement. Les éléments litigieux consistaient en des images de feux de forêt liés à des destructions au Proche-Orient, des réactions sous des vidéos et des partages de contenus jugés hostiles. Les forces de l'ordre ont mené l'enquête et ont retrouvé l'identité de l'auteur.

L'intéressé est une figure locale reconnue pour son activisme dans le milieu associatif et politique de sa commune. Il a été traduit en justice pour incitation publique à la haine ou aux violences fondée sur l'origine, la religion ou la nationalité. Face aux juges, il a affirmé : "J'ai publié cela sous le coup de l'émotion. Je ne hais personne. Je ne m'explique pas les réactions suscitées." Il a nié avoir partagé des clichés d'armes à feu, précisant avoir supprimé ses publications et présenté ses excuses.

Le représentant du parquet, Quentin Larroque, a considéré que les infractions étaient avérées : "Le vocabulaire employé est sans ambiguïté. L'appel public à la guerre et à la haine est évident." Il a toutefois souligné que l'accusé n'était pas un multirécidiviste, demandant une peine symbolique : quatre mois d'emprisonnement assortis d'un sursis et 1 000 € de pénalité.

Le défenseur, Maître Guillaume Garcia, a insisté sur le contexte tragique : son client aurait réagi à l'assassinat d'Aboubakar Cissé, tué à l'arme blanche dans la mosquée de La Grand-Combe. Il aurait été peiné de constater que l'édile de la commune n'avait pas pris part à la marche blanche en mémoire de la victime, optant plutôt pour une rencontre avec le ministre de l'Intérieur de l'époque, Bruno Retailleau. Cette rencontre aurait exacerbé les tensions dans la localité.

Finalement, la juridiction a été plus clémente que le réquisitoire. L'affaire a été relatée par le journal Midi Libre.

Source: Google News LU — Crime (fr)