Près de 30 interpellations pour incendies volontaires : un expert décrit la pyromanie
Les forces de l'ordre ont arrêté une trentaine de suspects liés à des départs de feu. Un spécialiste en psychiatrie judiciaire explique les ressorts de ce trouble rare.

Près de 30 interpellations pour incendies volontaires : un expert décrit la pyromanie
Les autorités ont procédé ce week-end à l'arrestation d'environ trente suspects, accusés d'avoir allumé des feux de végétation. Cette vague d'interpellations coïncide avec la lutte des secours contre plusieurs sinistres, dont un d'ampleur inhabituelle près de Paris.
Dans une analyse diffusée par franceinfo, Laurent Layet, médecin psychiatre agréé auprès de la plus haute juridiction française, distingue soigneusement les pyromanes des autres types d'auteurs d'incendies. Ces derniers peuvent être motivés par la cupidité, la rancune, la volonté de faire disparaître des indices, ou encore être sous l'effet de boissons alcoolisées ou de drogues.
Le spécialiste estime que les vrais pyromanes représentent moins d'un vingtième de l'ensemble des incendiaires. On en dénombrerait quelques centaines à l'échelle du pays. Leur particularité : le feu constitue leur seule et unique motivation. Aucun autre mobile ne les pousse à agir.
Cette pathologie est répertoriée comme un trouble mental à part entière. Le comportement typique obéit à un cycle identifiable. D'abord, l'individu ressent une anxiété intérieure croissante. Ensuite, il développe une fascination obsessionnelle pour les flammes. Le moment de l'allumage procure une satisfaction immédiate, voire un apaisement. Cet état positif retombe rapidement par la suite.
Sur le plan psychologique, ces auteurs présentent généralement une personnalité peu structurée. Ils ont du mal à maîtriser leurs pulsions et à gérer leurs sentiments. Le retrait social est courant. Leur intérêt pour le feu remonte souvent à l'enfance ou à l'adolescence. La consommation d'alcool peut par ailleurs faciliter le passage à l'acte, notamment en fin de journée.
Le mode opératoire révèle une certaine méthode. Les suspects choisissent des endroits éloignés et difficiles d'accès, qu'ils ont souvent visités au préalable. Ils fuient la zone une fois le sinistre bien amorcé, pour échapper à toute interpellation. Ils évitent les lieux trop fréquentés ou surveillés.
Quant à la culpabilité, elle demeure faible. Certains peuvent éprouver des regrets si la justice les rattrape, mais peu manifestent une véritable prise de conscience de leur trouble. Ce manque de recul ne les empêche généralement pas de récidiver.
Source: France Info