Perpignan : un homme poignarde 19 fois sa compagne avant d'appeler la police
Un trentenaire a tué son épouse à l'arme blanche dans leur appartement des Pyrénées-Orientales, puis a prévenu les gendarmes de son acte.

Perpignan : un homme poignarde 19 fois sa compagne avant d'appeler la police
Le lundi 6 juillet 2026, aux alentours de 20 heures, une résidence paisible de la rue Abelanet, dans le secteur de la Porte-d'Espagne à Perpignan, a été le théâtre d'un homicide conjugal d'une rare violence. Une professionnelle de l'aide à l'enfance, âgée d'une trentaine d'années, a perdu la vie sous les coups de son compagnon, un homme de 30 ans sans occupation.
Selon les conclusions de l'autopsie rendues publiques ce mercredi, la défunte a essuyé une dizaine-neuf blessures par arme tranchante au niveau du torse, du dos et de la région cervicale. Son bourreau l'aurait également égorgée après qu'elle soit décédée. Sur place, les enquêteurs ont mis la main sur une demi-douzaine de lames souillées de sang, dont plusieurs étaient déformées ou fracturées. Le magistrat du parquet, Jérôme Bourrier, a évoqué une scène de crime "particulièrement tragique, barbare et marquante". Ce drame constitue le premier féminicide de l'année dans le département des Pyrénées-Orientales.
Des témoins résidant dans l'immeuble ont raconté les circonstances du drame. Le meurtrier présumé serait sorti de son domicile en hâte en réclamant l'intervention des forces de l'ordre, les membres supérieurs maculés de sang. Manifestant une agitation extrême, il est reparti à bord de son automobile après quelques allers-retours dans le logement. Alors qu'il filait sur la départementale 900 en direction de Narbonne, il a successivement contacté sa génitrice puis un commissariat pour reconnaître avoir ôté la vie à son épouse, en communiquant ses coordonnées géographiques et le numéro de sa plaque minéralogique. Les effectifs de la BAC l'ont appréhendé peu après.
À peu près à la même heure, les fonctionnaires du SIPJ et un représentant du parquet pénétraient dans le foyer conjugal où gisait le corps sans vie de la victime.
Durant sa garde à vue, l'intéressé a reconnu les faits sans les contester. Il a évoqué une crise soudaine, employant l'expression "pétage de plombs", liée selon lui à une jalousie maladive qu'il se montre incapable d'expliciter. Le procureur a souligné que ses propos, bien que logiques en apparence, traduisent une personnalité "très paranoïaque et obsessionnelle". À noter qu'aucune trace d'alcool ou de produits stupéfiants n'a été décelée dans son organisme au moment des faits, en dépit de ses déclarations sur sa consommation habituelle de drogues.
Le suspect nourrissait également la conviction d'être la cible d'un complot ourdi à Perpignan. Il prétendait que des enregistrements vidéo avaient été réalisés à son insu dans l'habitacle de son poids lourd, du temps où il exerçait comme routier, et qu'une machination policière visait à le perdre. Par ailleurs, il entretenait une "obsession jalouse" envers sa conjointe, l'accusant infondément d'adultère. Il examinait régulièrement son téléphone et la harcelait par appels répétés, même durant ses séjours chez ses parents.
Une évaluation psychiatrique a été conduite sans que les experts ne recommandent une hospitalisation sous contrainte. Le mis en cause a été présenté au palais de justice le mercredi 8 juillet en soirée devant un juge d'instruction, dans le cadre d'une procédure pour "meurtre sur conjoint". Le parquet a sollicité son incarcération provisoire. La peine maximale encourue est l'emprisonnement à vie.
L'autorité judiciaire de Perpignan a rappelé que l'année précédente, près de 1 800 investigations pour violences au sein du couple avaient été ouvertes. Chaque jour, deux ou trois individus font l'objet d'une garde à vue dans le département pour des faits de cette nature.
Source : L'Indépendant
Source: Google News FR — Crime (fr)