Marine Le Pen condamnée en appel pour détournement de fonds européens

La dirigeante du Rassemblement National a été condamnée à trois ans de prison et à une inéligibilité de quinze mois dans l'affaire des assistants parlementaires européens.

Marine Le Pen condamnée en appel pour détournement de fonds européens

Marine Le Pen condamnée en appel pour détournement de fonds européens

Le tribunal de Paris a confirmé mardi la condamnation de Marine Le Pen dans le cadre du procès en appel pour détournement de fonds publics européens. La dirigeante du Rassemblement National écope d'une peine de trois ans d'emprisonnement, dont deux avec sursis et un an sous bracelet électronique. Elle doit également verser une amende de 100 000 euros.

L'interdiction de candidature à un mandat électoral a été ramenée à quinze mois, contre cinq ans en première instance. Cette peine est déjà en cours d'exécution depuis fin mars 2025 et serait donc considérée comme purgée d'ici le premier tour de l'élection présidentielle prévue au printemps 2027, selon l'analyse du tribunal.

L'affaire porte sur l'utilisation présumée d'environ 1,4 million d'euros destinés à rémunérer des assistants parlementaires au Parlement européen entre 2004 et 2016. Les magistrats ont estimé que plusieurs collaborateurs travaillaient en réalité pour le compte du parti — alors appelé Front National — et non pour les députés européens qui les avaient déclarés. Les onze autres accusés, dont la formation politique elle-même, ont également été reconnus coupables.

L'avocat de Marine Le Pen, Rodolphe Bosselut, s'est déclaré « partiellement satisfait » de la diminution des peines, notamment de l'inéligibilité. Il a indiqué que la défense réfléchirait à la possibilité d'un pourvoi en cassation. De son côté, le représentant du Parlement européen, Patrick Maisonneuve, a salué une décision qui confirme, selon lui, le détournement d'argent public sur plusieurs années.

Marine Le Pen, qui a toujours contesté les faits en dénonçant un « procès politique », n'a pas fait de déclaration à sa sortie de l'audience. Elle devait s'exprimer lors d'une interview télévisée dans la soirée pour évoquer son avenir politique. L'ancienne candidate à trois élections présidentielles pourrait théoriquement se présenter en 2027, mais l'incertitude demeure sur ses intentions réelles. Son parti, actuellement premier groupe à l'Assemblée nationale, dispose déjà d'un plan de rechange avec Jordan Bardella, 30 ans, qui pourrait la remplacer sur la ligne de départ.

Source : ORF.at

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