Vol du Louvre : les suspects affirment que le cerveau de l'opération croyait qu'ils auraient pu voler davantage
Dix mois après le vol spectaculaire de bijoux du trésor napoléonien au Louvre, les déclarations des deux suspects principaux révèlent de nouveaux détails sur l'opération et l'insatisfaction du commanditaire présumé.

Vol du Louvre : les suspects affirment que le cerveau de l'opération croyait qu'ils auraient pu voler davantage
Près de dix mois après le cambriolage spectaculaire du trésor napoléonien au musée du Louvre, les témoignages des deux suspects clés apportent un nouvel éclairage sur cette affaire. Selon les informations de The Guardian, les deux hommes ont déclaré aux enquêteurs que l'organisateur de l'opération n'était pas satisfait du butin et estimait qu'ils auraient pu emporter davantage de pièces.
Ces révélations proviennent des déclarations sous serment faites le mois dernier aux deux juges d'instruction chargés du dossier. L'affaire avait suscité une émotion internationale et avait contribué à la démission de la présidente du Louvre.
Les deux accusés, désignés par les médias français comme Abdoullagie N. et Gelamalac A., soutiennent qu'ils n'ont pas planifié eux-mêmes le cambriolage. D'après leurs dires, ils auraient été recrutés pour le compte d'un commanditaire dont ils refusent de révéler l'identité, invoquant la crainte de représailles contre leurs familles.
Selon leurs témoignages, ils auraient été engagés seulement deux ou trois jours avant le vol. Pour se préparer, on leur aurait montré une vidéo tournée à l'intérieur de la Salle Apollon, mettant en évidence les vitrines contenant les bijoux napoléoniens.
Abdoullagie N. a décrit les instructions reçues comme étant très précises : briser les vitres des vitrines et retirer tous les bijoux se trouvant à l'intérieur. Au total, huit objets ont été dérobés du Louvre, notamment des diadèmes, un bijou-épingle, des bracelets et des boucles d'oreilles. Cependant, lors de leur fuite, l'un des objets les plus précieux a été perdu : la couronne de l'impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, ornée de pierres précieuses.
Abdoullagie N. aurait reconnu devant les enquêteurs que la couronne était tombée de son propre sac. En voyant une photographie de l'objet, gravement endommagé, il aurait admis que « ce que nous avons fait n'était pas correct » et qualifié leur acte de « très grave ».
D'après les déclarations, le reste du butin aurait été remis à l'homme qui aurait organisé l'opération. Cependant, ce dernier n'aurait pas été satisfait du résultat, estimant que les malfaiteurs avaient laissé derrière eux plus d'objets précieux qu'ils n'en avaient emporté.
Abdoullagie N., décrit comme un ancien influenceur de petite envergure passionné par les motos, a expliqué qu'il avait accepté de participer car il se trouvait dans une situation financière extrêmement difficile. Pour son rôle, on lui aurait promis une rémunération de 15 000 à 20 000 euros, avec la possibilité d'en recevoir davantage si la revente des objets volés s'avérait plus lucrative.
Les deux hommes ont également décrit leur mode d'entrée dans le Louvre. Selon leurs dires, ils seraient montés sur un balcon du premier étage à l'aide d'un monte-meubles, auraient forcé une fenêtre de la Salle Apollon, puis auraient commencé à briser les vitres de deux vitrines.
Abdoullagie N. a précisé qu'à leur arrivée dans la salle, personne n'était présent, l'obscurité régnait et seules les vitrines étaient éclairées. De loin, il aurait pu distinguer un agent de sécurité se déplaçant derrière une porte.
Les malfaiteurs savaient qu'ils disposaient d'un temps limité. Selon son témoignage, ils avaient trois minutes maximum pour rassembler le plus de bijoux possible et s'échapper avant d'être repérés. Il estime finalement être resté dans le musée plus longtemps que prévu.
Les deux accusés ont affirmé ignorer depuis où se trouvent les bijoux. Parallèlement, ils ont refusé de nommer l'homme qui, selon eux, aurait organisé le cambriolage, ou d'éventuels complices, invoquant la peur de représailles. Gelamalac A. a déclaré caractéristiquement que « il ne s'agit pas d'un jeu d'enfant », tandis qu'Abdoullagie N. a témoigné avoir reçu des appels téléphoniques pendant sa détention lui demandant de se taire.
Selon le journal français Le Monde, les enquêteurs n'ont pour l'instant pas confirmé que les deux suspects agissaient réellement pour le compte d'un tiers, comme ils le prétendent.
Source: In.gr