Assassinat de Lyhanna, 11 ans : le suspect avait déjà été signalé pour agressions sexuelles sur mineures

Le meurtre d'une fillette de onze ans dans le sud-ouest de la France a révélé des défaillances graves du système judiciaire. Le principal suspect, un homme de 41 ans déjà signalé pour des faits de pédocriminalité, n'avait jamais été entendu par les enquêteurs.

Assassinat de Lyhanna, 11 ans : le suspect avait déjà été signalé pour agressions sexuelles sur mineures

Assassinat de Lyhanna, 11 ans : le suspect avait déjà été signalé pour agressions sexuelles sur mineures

Le corps de Lyhanna, une enfant de onze ans, a été découvert le 27 mai sur une exploitation agricole à quelques kilomètres de Fleurance, dans le sud-ouest de la France. L'enquête a rapidement convergé vers Jérôme Barella, un homme de quarante-et-un ans, père d'une amie de la victime, qui a été placé en détention provisoire et a recondu avoir emmené la fillette en voiture vers un plan d'eau local.

Ce qui rend l'affaire particulièrement troublante, c'est que Barella n'était pas inconnu des services de police. Selon les informations du quotidien Le Monde, l'homme avait déjà fait l'objet de plusieurs signalements pour des faits de nature sexuelle impliquant des enfants.

En août de l'année précédente, la mère d'une fillette de dix ans prénommée Rosa avait porté plainte, affirmant que Barella avait abusé sexuellement de sa fille à plusieurs reprises. Les examens médicaux avaient corroboré ces accusations. Pourtant, pendant neuf mois, les enquêteurs n'avaient jamais convoqué l'intéressé pour un interrogatoire. La mère de la victime, qui téléphonait chaque lundi à la police pour obtenir des nouvelles de l'enquête, se voyait systématiquement opposer des réponses formelles indiquant que la procédure était en cours. À terme, un fonctionnaire lui aurait même menacé de poursuites judiciaires pour harcèlement si elle persistait à les contacter.

Les médias britanniques BBC et The Guardian rapportent que le nom de Barella figurait également dans d'autres dossiers d'atteintes sexuelles sur mineurs au cours des dernières années. Ces antécédents auraient dû accorder la priorité au dossier de Rosa, ce qui n'a pas été le cas.

Barella travaillait comme agent de nettoyage dans plusieurs établissements scolaires. Il avait été licencié de l'un d'eux pour un comportement jugé inapproprié envers une élève sur internet. Lyhanna avait été portée disparue le 20 mai. Sept jours plus tard, son corps sans vie était retrouvé.

L'affaire a provoqué une vague de colère à travers l'Hexagone. Des manifestations ont éclaté dans plusieurs villes, et des voix s'élèvent pour exiger la démission du ministre de la Justice, Gérald Darmanin. L'opinion publique considère que si les forces de l'ordre avaient au moins contacté le suspect, celui-ci aurait su qu'il était surveillé, ce qui aurait pu empêcher le drame.

Le pays fait face à une augmentation marquée des signalements de violences sexuelles sur mineurs. Ces derniers mois, une vaste affaire d'abus systémiques dans des structures éducatives publiques, notamment à Paris, a également émergé. L'enquête porte sur au moins quatre-vingt-quatre écoles maternelles, une vingtaine d'écoles primaires et dix crèches ou centres de loisirs. Les accusations visent des animateurs recrutés par la municipalité, souvent sans contrôle approfondi, qui encadraient des enfants dès trois ans en dehors des heures de classe.

Les funérailles de Lyhanna se sont déroulées vendredi dans la plus stricte intimité familiale, conformément au souhait de ses proches.

Source: Google News SK — Crime (sk)