Trafic de drogue aux Antilles-Guyane : moins de mules, explosion des colis suspects en 2025

Le fret aérien dépasse désormais les passagers en volume de cocaïne saisi. La douane interrégionale dresse un bilan 2025 en hausse pour les colis.

Trafic de drogue aux Antilles-Guyane : moins de mules, explosion des colis suspects en 2025

Cocaïne par colis : un nouveau vecteur dominant au départ des Antilles

La direction interrégionale des douanes Antilles-Guyane a présenté vendredi 10 avril son bilan annuel 2025 lors d'une conférence de presse à Fort-de-France. Selon la1ere.franceinfo.fr, le transport de cocaïne par fret aérien « de particulier à particulier » au départ de Martinique, Guadeloupe, Saint-Martin et Guyane vers la France hexagonale « s'est sensiblement accru » et dépasse désormais le vecteur passagers, tant en nombre de saisies qu'en quantité totale.

En 2024, les agents douaniers avaient intercepté 2,1 tonnes de cocaïne dans ces quatre territoires ultramarins, dont 578 kilos en Martinique. Sur ce total martiniquais, 268 kilos étaient transportés par des « mules » ou dissimulés dans des bagages à l'aéroport de Fort-de-France.

Moins de mules interpellées, mais un niveau toujours élevé

Le recours aux « mules » est en recul. En 2025, 86 personnes transportant de la cocaïne ont été interpellées par la douane en Martinique au moment de leur embarquement vers l'Hexagone, contre 122 l'année précédente, selon des données communiquées à l'AFP. « Une tendance plutôt à la baisse par rapport à 2024, mais qui demeure élevée », a déclaré à l'AFP Caroline Legave, directrice adjointe de la direction interrégionale Antilles-Guyane.

La baisse en Guyane est, elle, plus marquée. La politique du « 100 % contrôle » mise en place fin 2022 à l'aéroport de Cayenne a entraîné « une baisse significative des saisies opérées en Guyane », a expliqué Caroline Legave. Cette pression accrue a cependant provoqué un « déport » des mules vers les territoires antillais en 2023 et 2024, avant une « stabilisation » de leur nombre.

Le fret aérien, nouveau passage privilégié des narcotrafiquants

Face au renforcement des contrôles sur les passagers, les organisations criminelles « cherchent d'autres voies d'accès vers l'Hexagone », a souligné la directrice adjointe. Le fret aérien connaît une « tendance haussière », avec des saisies de « plusieurs centaines de kilos » de stupéfiants dans des colis. Ce canal, plus difficile à surveiller de manière exhaustive, s'impose désormais comme le vecteur prioritaire du narcotrafic aérien entre les Antilles-Guyane et la métropole.

Source: Google News GP — Crime