Cocaïne et crack en hausse en Guadeloupe : le premier bilan de l'OFDT
L'OFDT publie sa première enquête sur les drogues en Guadeloupe, révélant une disponibilité croissante de cocaïne et de crack face à un système de soins saturé.

Première radiographie des usages de drogues en Guadeloupe
L'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) a rendu publics vendredi 26 juin les résultats de son enquête 2025 sur les substances psychoactives en Guadeloupe, rapporte guadeloupe.franceantilles.fr. Il s'agit de la première cartographie complète des usages de drogues illicites dans l'archipel, réalisée à partir d'entretiens menés auprès d'usagers, de professionnels du secteur médico-social et de membres des forces de l'ordre.
Un territoire de transit devenu marché local
La Guadeloupe occupe une position stratégique sur les routes du trafic international de cocaïne, située entre les pays producteurs d'Amérique du Sud et le marché européen. Si la majorité des cargaisons poursuit sa route vers l'Europe, une partie alimente le marché local, où le produit est accessible à un prix relativement bas.
L'enquête identifie plusieurs réseaux composés de Guadeloupéens, opérant en lien avec des membres des diasporas dominicaine, haïtienne et vénézuélienne, qui participent à l'importation de cocaïne pour le compte d'organisations criminelles sud-américaines.
Cocaïne en contexte festif, crack très visible dans l'espace public
La cocaïne sous forme de poudre est principalement consommée dans des contextes festifs ou par certains professionnels cherchant à tenir des cadences de travail élevées. Son usage reste discret dans l'espace public.
Le crack, en revanche, est très présent. Introduit en Guadeloupe dès les années 1980, il profite aujourd'hui de l'abondance de cocaïne dont il est dérivé. Les revendeurs adaptent leurs tarifs aux faibles ressources de leurs clients, allant parfois jusqu'à leur accorder des crédits. L'étude décrit par ailleurs des situations d'emprise préoccupantes : certains trafiquants conservent la carte bancaire ou les prestations sociales de leurs consommateurs.
Le cannabis, substance illicite la plus banalisée
Le cannabis demeure la drogue illicite la plus socialement acceptée dans l'archipel. Produit localement ou importé des îles voisines, il se vend aussi bien en points de vente physiques que via les réseaux sociaux et des applications numériques. Les usagers interrogés, aux profils variés, estiment quasi unanimement que le cannabis est moins dangereux que les autres substances psychoactives, malgré les risques liés à une consommation régulière.
Un système de prise en charge sous pression
L'OFDT pointe les limites structurelles du dispositif de soins en addictologie en Guadeloupe : pénurie de professionnels de santé, nombre insuffisant de lits et difficultés dans le suivi des patients. Les structures de réduction des risques apparaissent également sous-dimensionnées, en particulier pour les usagers de crack.
L'ouverture prochaine d'un second Centre d'accueil et d'accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues (CAARUD), dans le secteur de Basse-Terre, devrait partiellement améliorer la situation. L'OFDT juge toutefois cette évolution insuffisante pour répondre à l'ensemble des besoins d'un territoire où les problématiques liées aux addictions restent particulièrement marquées.
Source: Google News GP — Crime