Recrutement d'enfants par les gangs en Haïti : armes, menaces et témoignage d'un jeune de 16 ans

Un adolescent haïtien de 16 ans témoigne de son recrutement forcé dans un gang, battu et menacé de mort après avoir refusé d'affronter la police.

Recrutement d'enfants par les gangs en Haïti : armes, menaces et témoignage d'un jeune de 16 ans

Un adolescent haïtien raconte comment un gang l'a recruté puis menacé de mort

News.un.org publie le témoignage de Joseph, 16 ans, recruté par un gang criminel en Haïti à la fin du mois d'août 2024, avant d'être frappé jusqu'à avoir la main cassée lorsqu'il a tenté de partir.

Joseph représente un nombre croissant d'enfants entraînés dans les gangs d'Haïti, pays confronté à une triple crise sécuritaire, humanitaire et institutionnelle. Quelque 1,4 million de personnes ont été contraintes de fuir leur foyer en raison des violences des gangs, et des milliers d'autres ont perdu la vie.

Un nouveau rapport de l'ONU en Haïti appelle à renforcer la protection des enfants dans les communautés touchées par ces groupes armés.

« C'étaient eux qui faisaient la loi dans notre quartier »

Joseph a grandi dans un quartier pauvre où les gangs contrôlaient tout. Il voyait quotidiennement des hommes armés dans les rues, certains bien habillés, possédant de belles voitures et entourés de femmes. Pour les enfants du quartier, cette réalité était perçue comme normale, faute d'activités sportives, de loisirs ou de perspectives d'avenir.

C'est un ami qui l'a introduit dans le gang, en lui vantant l'argent et le sentiment d'importance que cela procurait. Joseph a hésité, conscient du danger, mais a finalement accepté.

Une arme remise par le chef du gang

Peu après son entrée dans le gang, un membre lui a confié une radio pour surveiller les déplacements de la police. Puis le chef lui a remis une arme à feu.

Lorsqu'une grande opération de police a été annoncée, Joseph a reçu l'ordre de combattre les forces de l'ordre. Il a refusé, affirmant vouloir rentrer chez lui. Le chef du gang s'est mis en colère, l'a frappé à plusieurs reprises avec son arme jusqu'à lui casser la main, et l'a menacé de mort s'il quittait le groupe.

Une fuite et une prise en charge en septembre 2024

Malgré sa peur d'affronter la police, Joseph a réussi à s'échapper peu après. Un membre de sa communauté l'a orienté vers une organisation capable de lui fournir des soins médicaux et un accompagnement. Il les a contactés en septembre 2024.

Depuis, il bénéficie d'un suivi psychologique et d'un soutien pour surmonter les traumatismes vécus au sein du gang.

Le rapport de l'ONU souligne que des cas comme celui de Joseph illustrent l'urgence d'une réponse coordonnée pour protéger les enfants haïtiens des mécanismes de recrutement mis en place par les gangs armés.

Source: Google News HT — Crime