Haïti : 28 membres de gangs tués, l'ONU signale une lueur d'espoir à Port-au-Prince

Au moins 28 membres de gangs ont été tués par la police et des habitants de Port-au-Prince. Un expert de l'ONU évoque une "lueur d'espoir" malgré la crise persistante.

Haïti : violences de gangs et espoir fragile selon l'ONU

Selon seychellesnewsagency.com, au moins 28 membres de gangs ont été tués par la police et des habitants de Port-au-Prince, alors qu'un expert des Nations Unies a évoqué lundi une « lueur d'espoir » pour Haïti, citant la libération de territoires anciennement sous contrôle de gangs et une présence policière plus « motivée et visible ».

William O'Neill, expert de l'ONU sur la situation des droits de l'homme en Haïti, s'est exprimé devant la presse au siège de l'ONU à New York, au terme d'une mission de dix jours dans le pays. Il a qualifié la situation de « crise des droits de l'homme en cours » engendrant des « souffrances massives pour le peuple haïtien, et tout particulièrement pour les plus vulnérables ».

Déplacements massifs et contrôle territorial des gangs

Au moins 1,4 million de personnes, résidant principalement dans la capitale, ont été contraintes de fuir leur domicile en raison de la violence des gangs, soit plus de 10 % de la population haïtienne. O'Neill a qualifié ce phénomène de « niveau sans précédent de déplacements internes ».

Au moins 26 gangs contrôlent jusqu'à 90 % de Port-au-Prince et de sa banlieue. Environ la moitié de leurs membres sont des enfants âgés de moins de 18 ans. Ces groupes extorquent les communautés, commettent des viols et procèdent à des enlèvements contre rançon, tout en affrontant les forces de sécurité haïtiennes pour le contrôle du territoire.

Des milliers de personnes « demeurent piégées dans des zones contrôlées par des gangs ou le long de lignes de front mouvantes », a souligné O'Neill, confrontées à ce qu'il a décrit comme des « frontières invisibles ».

Les femmes et les filles, premières victimes

Pour les jeunes femmes et les filles, ces frontières sont encore plus infranchissables. « Elles subissent des discriminations parce qu'elles sont des filles, parce qu'elles vivent dans des quartiers sous le contrôle des gangs et parce qu'elles sont pauvres », a déclaré O'Neill. Il a rapporté les mots d'une jeune fille : « Je veux juste vivre bien et en sécurité, parce que c'est mon pays. »

Crise humanitaire et vide politique

Haïti fait face à une crise humanitaire aggravée par la violence persistante, les inondations, les sécheresses et les tremblements de terre. Sur le plan politique, le pays n'a pas eu de président élu depuis l'assassinat de Jovenel Moïse en 2021. Les Haïtiens espèrent que des élections se tiendront plus tard cette année.

O'Neill a indiqué qu'il demeurait « profondément préoccupé par la corruption, l'impunité et la faiblesse des mécanismes de responsabilisation », tout en qualifiant la période actuelle de « moment difficile, mais prometteur ». « Si nous parvenons à aider Haïti à faire face à l'insécurité, à combattre la corruption et l'impunité, et à protéger les droits de l'homme, alors chacun pourra prospérer », a-t-il affirmé.

Source: Google News HT — Port-au-Prince