Manifestants gazés à Port-au-Prince, gangs toujours présents à Kenscoff

La PNH a dispersé par gaz lacrymogènes une marche pacifique à Port-au-Prince. À Kenscoff, des témoins affirment que des groupes armés restent actifs malgré les annonces officielles.

Manifestants gazés à Port-au-Prince, gangs toujours présents à Kenscoff

Port-au-Prince : des manifestants non armés gazés par la police, Kenscoff sous emprise des gangs

La Police nationale d'Haïti (PNH) a recouru aux gaz lacrymogènes vendredi 4 septembre 2026 pour disperser un rassemblement pacifique à Port-au-Prince, selon des témoignages recueillis par rezonodwes.com. La marche, dont le parcours avait été communiqué aux autorités plusieurs jours à l'avance, visait à réclamer le départ du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et à défendre une transition institutionnelle passant par la Cour de cassation. L'intervention policière a eu lieu alors que le cortège n'avait pratiquement pas encore démarré.

L'ancien député de Marchand-Dessalines, Serge Jean-Louis, a qualifié la réponse des forces de l'ordre de « disproportionnée ». Il affirme que les participants ne représentaient « aucune menace armée » et signale que le professeur Bato Junior a été malmené par des agents avant d'être transporté à l'hôpital. Pour Jean-Louis, l'épisode soulève la question de l'exercice effectif du droit de manifester et de la liberté d'expression politique en Haïti.

Partisan d'une transition fondée sur la Cour de cassation, l'ancien parlementaire inscrit cette mobilisation dans une stratégie de pression civile contre l'exécutif en place.

La situation diffère radicalement à Kenscoff, commune du département de l'Ouest récemment frappée par un massacre. Malgré les opérations sécuritaires annoncées par les autorités, un riverain affirme sur Radio Kiskeya que des hommes armés restent actifs dans les secteurs Via 1 et Via 2. Son témoignage met directement en cause les assurances présentées par Raina Forbin devant l'Organisation des États américains (OEA) concernant l'intensification des opérations dans cette zone montagneuse. « C'est faux et archi-faux », a-t-il déclaré.

Le même témoin indique que les habitants ne perçoivent pas encore d'amélioration à la hauteur des mesures annoncées. Il souligne par ailleurs que l'assistance apportée aux victimes qui ne bénéficiaient pas auparavant de manje sinistre demeurerait insuffisante.

Source: Google News HT — Crime

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