Gang attaque Bassin Bleu : meurtre, incendies et pillages dans le nord-ouest d'Haïti

Des hommes armés ont frappé la commune de Bassin Bleu le 18 septembre, tuant un enseignant et incendiant plusieurs bâtiments. Le gang "Kokorat San Ras" est mis en cause.

Gang attaque Bassin Bleu : meurtre, incendies et pillages dans le nord-ouest d'Haïti

Bassin Bleu sous les flammes : un gang sème la terreur dans le nord-ouest haïtien

La commune de Bassin Bleu, jusqu'ici relativement épargnée par la violence des gangs, a été frappée de plein fouet jeudi 18 septembre en milieu de journée. Selon la1ere.franceinfo.fr, des hommes armés ont ouvert le feu dans les rues de la ville, tuant au moins un enseignant de lycée, d'après l'Église catholique et des responsables locaux.

L'attaque a rapidement dégénéré : le commissariat de police, la mairie et plusieurs autres bâtiments ont été incendiés, tandis qu'une coopérative de crédit était mise à sac par les assaillants. La panique s'est emparée de la communauté, contraignant de nombreux habitants à fuir précipitamment.

Des civils forcés de traverser une rivière en crue

« De nombreux habitants de Bassin Bleu ont réussi à s'échapper, contraints de fuir leurs maisons et de traverser une rivière au courant puissant pour échapper à la violence », a indiqué l'évêché du Nord-Ouest dans un communiqué. « Que pouvons-nous faire, maintenant que nous n'avons plus nulle part où aller ? »

Rodlet Jean Baptiste, figure locale, a attribué l'assaut au gang "Kokorat San Ras", actif dans la région. Ce groupe est membre de la coalition "Viv Ansanm", impliquée dans certaines des pires violences commises en Haïti ces dernières années. En mai, l'administration américaine l'avait placée sur la liste des organisations terroristes étrangères.

Un récent rapport de l'ONU qualifie "Kokorat San Ras" de « gang très brutal » opérant dans l'Artibonite. Sa vingtaine de membres aurait commis « des actes d'une violence extrême, forçant des populations entières à abandonner leurs terres cultivées et menaçant la production agricole ».

L'Église accuse les autorités d'impuissance

L'évêché a mis en cause les autorités haïtiennes et la police nationale, accusées d'être dépassées face à des gangs toujours mieux armés. « Pourquoi les autorités gouvernementales, garantes de la sécurité de notre peuple, laissent-elles le pays sombrer ainsi ? », interroge le communiqué. « Les Haïtiens sont devenus les victimes de leurs propres compatriotes. Nous sommes épuisés. »

Cette attaque s'inscrit dans une spirale de violence qui s'étend désormais aux zones rurales, à mesure que les bandes criminelles élargissent leur emprise sur le territoire. La semaine précédente, un cocktail Molotov lancé contre un véhicule blindé de la police avait coûté la vie à trois personnes près de la capitale. Quelques jours plus tôt, des dizaines de personnes avaient péri dans un village de pêcheurs — une tuerie qui, selon un responsable local, « souligne l'urgence d'une intervention forte et efficace de l'État ».

Les efforts conjugués de l'ONU, des puissances internationales et de la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MMSS), déployée aux côtés de la police haïtienne, n'ont jusqu'ici pas réussi à enrayer l'escalade. Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a condamné ces violences, se disant « alarmé par l'ampleur de la brutalité qui secoue Haïti ».

Source: Google News HT — Port-au-Prince