Port-au-Prince paralysée par les menaces de gangs après une opération policière
Les gangs haïtiens ont menacé de nouvelles attaques après un raid contre le gang « 400 Mawozo ». Écoles fermées, transports rares, ambassades en télétravail lundi.

Port-au-Prince au ralenti après les menaces de « Viv ansanm »
Selon ledevoir.com, la vie à Port-au-Prince a pratiquement cessé lundi après que la coalition de gangs « Viv ansanm » a menacé de nouvelles attaques en représailles à une opération policière menée vendredi dans la banlieue de la capitale haïtienne.
Dans une vidéo diffusée ce week-end sur les réseaux sociaux, Jimmy Chérisier, alias « Barbecue », chef de la coalition, a annoncé que ses hommes allaient « descendre dans les rues pour se mesurer aux forces de l'ordre » et a demandé à la population de rester chez elle.
La majorité des écoles sont restées fermées lundi et les transports en commun circulaient à peine dans les rues, a constaté un journaliste de l'AFP sur place.
L'ONU a recommandé à l'ensemble de son personnel de travailler en télétravail, selon une communication interne consultée par l'AFP. L'ambassade de France a annoncé rester fermée, tandis que celle des États-Unis a demandé à ses employés de travailler depuis leur domicile.
Face à ces menaces, la direction générale de la police a suspendu les congés et permissions de ses agents jusqu'à nouvel ordre.
L'opération à l'origine de cette crise visait vendredi le fief du gang « 400 Mawozo », dans une banlieue de Port-au-Prince. Sept membres de gangs ont été tués, selon les autorités. Au cours de l'intervention, les forces de l'ordre ont dû détruire un hélicoptère de soutien pour éviter qu'il ne tombe aux mains des groupes criminels.
Haïti, pays le plus pauvre des Amériques, est depuis longtemps ravagé par la violence des bandes criminelles, qui commettent meurtres, viols, pillages et enlèvements dans un contexte d'instabilité politique chronique. La situation s'est encore aggravée depuis début 2024, lorsque les gangs ont contraint le Premier ministre de l'époque, Ariel Henry, à la démission. Depuis lors, le pays — qui n'a pas organisé d'élections depuis 2016 — est dirigé par un Conseil présidentiel de transition qui peine à enrayer la violence.
Source: Google News HT — Port-au-Prince