32 raids antigangs en Haïti : 43 présumés bandits tués au premier trimestre 2026

La PNH a mené 32 opérations entre janvier et mars 2026, tuant 43 présumés membres de gangs dans trois départements. Deux policiers ont également perdu la vie.

32 raids antigangs en Haïti : 43 présumés bandits tués au premier trimestre 2026

Bilan trimestriel de la PNH : 32 opérations, 43 tués et d'importantes saisies

Selon haitiantimes.com, la Police nationale haïtienne (PNH) a annoncé mercredi que 43 membres présumés de gangs ont été tués au cours de 32 opérations conduites durant les trois premiers mois de 2026, dans les départements de l'Ouest, du Centre et de l'Artibonite.

Ces chiffres ont été présentés lors d'une conférence de presse tenue à Clercine par le porte-parole Garry Desrosiers. Deux agents de police ont également été tués durant ces interventions, lors d'une opération visant à résoudre un enlèvement dans la banlieue de Delmas, au nord-ouest du centre-ville de Port-au-Prince.

Démantèlement de gang et saisies massives

Parmi les actions menées, Desrosiers a précisé que la police a démantelé un gang dirigé par Rodolphe « Chalè » Louissaint dans la capitale.

« Nous continuons de faire preuve de détermination et nous faisons des sacrifices pour que la population puisse circuler librement », a déclaré le porte-parole.

Les opérations ont permis la saisie de 46 fusils, 19 pistolets, six drones, 10 659 cartouches de munitions et deux véhicules blindés. Les unités antidrogue ont par ailleurs saisi plus de 76 kilogrammes de cocaïne et de marijuana, ainsi que des liquidités et des biens liés à des activités illicites.

L'« Opération Goudougoudou » : 50 personnes renvoyées en justice

En parallèle, la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) a conduit une série d'enquêtes dans le cadre de l'« Opération Goudougoudou » — terme créole haïtien issu du tremblement de terre dévastateur de janvier 2010. Ces investigations ont abouti au renvoi de 50 personnes aux autorités judiciaires : 39 hommes et 11 femmes, la plupart soupçonnés de liens avec des gangs.

« Ces résultats témoignent de la détermination constante de la Police nationale haïtienne à lutter contre la criminalité », a indiqué l'institution dans un communiqué officiel.

Une situation sécuritaire qui demeure critique

Malgré l'intensification des opérations, la violence reste endémique à l'échelle du pays. Un récent rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme révèle qu'au moins 5 519 personnes ont été tuées et 2 608 blessées entre mars 2025 et janvier 2026, dans des violences impliquant des gangs, les forces de sécurité et des groupes d'autodéfense.

Les gangs sont responsables d'au moins 1 424 homicides sur cette période, tandis que les opérations de sécurité ont entraîné 3 497 décès. Les groupes d'autodéfense ont contribué à 598 morts supplémentaires, soulevant des inquiétudes quant aux représailles et exactions.

Les groupes armés continuent de contrôler près de 90 % de la capitale ainsi que les principaux axes routiers nationaux, limitant la circulation des personnes et l'accès aux services essentiels. Plus de 1,4 million de personnes ont été déplacées à travers le pays.

Des critiques sur l'efficacité de la mission multinationale

Ces derniers bilans policiers surviennent dans un contexte de remise en question de l'efficacité des efforts de sécurité internationaux, notamment la mission multinationale dirigée par le Kenya déployée en juin 2024. Malgré des millions de dollars engagés, cette mission n'a pas encore permis d'amélioration significative de la situation sur le terrain, selon les critiques.

Les autorités affirment que les opérations se poursuivront dans les prochaines semaines.

Source: Google News HT — Port-au-Prince