Féminicide à Tétange : un homme de 61 ans étrangle son épouse, jugé pour assassinat
José a étranglé son épouse Jamila à Tétange dans la nuit du 15 au 16 février 2025, avant de tenter de se suicider. Il comparaît pour meurtre et assassinat.

Tétange : José étrangle Jamila, puis tente de mettre fin à ses jours sur le pont Rouge
Dans la nuit du samedi 15 au dimanche 16 février 2025, vers 3 heures du matin, deux passants ont retenu un homme sur le pont Grande-Duchesse Charlotte, connu sous le nom de pont Rouge, l'empêchant de sauter dans le vide. Quelques heures auparavant, cet homme de 61 ans, prénommé José, avait étranglé son épouse Jamila à leur domicile de la rue de Rumelange à Tétange. Il avait également ingéré du déboucheur pour tuyaux dans une tentative de suicide. C'est ce que rapporte Le Quotidien, qui suit le procès.
Aveux spontanés aux passants, clé remise à la police
José avait avoué son geste aux deux passants qui l'ont secouru sur le pont. Transporté à l'hôpital, il s'est montré coopératif avec les enquêteurs et leur a remis lui-même la clé de son appartement. Un commissaire en chef de la police, dépêché boulevard John-Fitzgerald-Kennedy au Kirchberg, a décrit un homme dont « le corps tout entier tremblait » et dont la voiture était garée sur la piste cyclable. C'est à la radio que le policier a appris qu'il pourrait s'agir d'un homicide.
À l'intérieur du domicile, les agents ont découvert le corps de Jamila gisant à côté du lit conjugal. Une bougie était allumée. Une bouteille de déboucheur se trouvait dans la cuisine. Le médecin légiste a relevé des blessures de défense sur la victime.
Une jalousie nourrie depuis des mois
Selon un enquêteur de la police judiciaire, José était persuadé que son épouse le trompait. Il n'aurait pas supporté de la voir se préparer à sortir avec des amies. Une dispute aurait éclaté, les deux conjoints se seraient aspergés mutuellement de gaz lacrymogène avant de basculer sur le lit puis au sol. Hors de lui, José aurait serré la gorge de Jamila jusqu'à ce qu'elle cesse de bouger.
Le couple traversait une crise depuis plusieurs mois. Jamila avait changé d'emploi et adopté de nouvelles habitudes sociales que José « n'appréciait pas ». Les deux dormaient dans des chambres séparées depuis sept mois. Lors de son interrogatoire, José a confié aux enquêteurs : « Je me sentais très seul dans mon appartement. »
Quarante ans de connaissance, une rupture en vue
José et Jamila se connaissaient depuis quarante ans. Tous deux originaires du Cap-Vert, ils avaient été voisins avant de mener des vies distinctes, puis de se retrouver. Des amis du couple ont indiqué aux enquêteurs que chacun cherchait un nouvel appartement, signe qu'une séparation était imminente.
La veille des faits, José aurait confié à un ami envisager de mettre son épouse à la porte s'il obtenait confirmation de ses soupçons. Il avait également contacté celui qu'il croyait être l'amant de Jamila via les réseaux sociaux. L'analyse de son ordinateur a révélé des recherches sur les poisons et les parties vulnérables du corps humain. Devant le juge d'instruction, il a affirmé avoir cherché des moyens de mettre fin à ses propres jours.
Son entourage le décrit comme un homme doux, peu enclin aux conflits et très attaché à son épouse. Toutefois, le téléphone de Jamila aurait contenu des échanges avec d'autres femmes, laissant entendre que José lui-même n'aurait pas respecté les termes de leur union.
Tentative de suicide et antécédents judiciaires
Après avoir tenté de réanimer Jamila, José aurait avalé une gorgée de déboucheur, puis posé la tête sur le ventre de son épouse. Il a ensuite pris le volant, vomi à nouveau dans sa voiture, avant de s'arrêter sur le pont Rouge. La quantité de produit ingérée n'était pas suffisante pour entraîner son décès.
Le casier judiciaire de José comporte une condamnation à deux ans de prison au Portugal pour des faits de violence sur une ancienne compagne.
Le procès se poursuit ce jeudi après-midi avec l'audition du prévenu. José est inculpé de meurtre et d'assassinat.
Source: Le Quotidien