Dudelange : dix ans de prison pour une agression mortelle née d'une plainte pour tapage

Un homme de 31 ans a été condamné à dix ans de réclusion par le tribunal de Luxembourg pour avoir tenté de tuer une femme de 29 ans lors d'une dispute pour tapage nocturne à Dudelange.

Dudelange : dix ans de prison pour une agression mortelle née d'une plainte pour tapage

Le tribunal d'arrondissement de Luxembourg a condamné un homme de 31 ans, Max D., à dix ans d'emprisonnement pour tentative de meurtre. Les faits remontent au soir du 14 février 2025, dans un immeuble de Dudelange, où une simple plainte pour bruit a dégénéré en violence extrême.

Vers 20 heures, une femme de 29 ans, présente dans ses bureaux au premier étage, a été interpellée par une voisine incommodée par des bruits provenant de l'étage supérieur. La jeune femme est montée au deuxième étage pour échanger avec les occupants.

Quelques minutes plus tard, un appel à la police a alerté les forces de l'ordre. Sur les lieux, les agents ont découvert une scène de violence inouïe. Dans le couloir, des traces de sang abondaient sur les murs. La victime s'était réfugiée dans un appartement du premier étage, en compagnie d'une collègue. Son visage et son corps portaient de nombreuses blessures et contusions. Même une heure après les faits, l'empreinte d'une semelle restait visible sur son épaule gauche. Des fibres arrachées d'un pull noir retrouvé dans l'escalier ont été recueillies par les enquêteurs.

Selon le jugement de la 13e chambre criminelle, consulté par le Luxemburger Wort, l'homme ayant ouvert la porte a d'abord déclaré se désintéresser des remontrances. Lorsque la plaignante a menacé d'appeler la police, il lui a arraché son téléphone, l'a saisie par les cheveux et a martelé sa tête contre un mur. Une fois au sol, il l'a frappée au niveau des côtes, lui a enfoncé les doigts dans les yeux et l'a étranglée.

De retour un instant dans son logement, il est ressorti pour continuer de frapper et de piétiner la femme inanimée, utilisant ses poings, ses genoux et ses pieds.

Les médecins ont diagnostiqué des hématomes sous l'œil gauche, sur la tempe, la poitrine, le bras et le coude, une incisive supérieure déchaussée, ainsi qu'une plaie au niveau de la lèvre supérieure nécessitant deux points de suture. L'état de la victime a été jugé incompatible avec le travail pendant sept jours.

Interpellé dans la soirée, le prévenu présentait un taux d'alcoolémie de 1,29 g/l. Des traces de cannabis et de kétamine ont également été détectées. Le parquet avait requis des poursuites pour tentative d'homicide.

Durant le procès, l'accusé a maintenu avoir perdu tout souvenir des événements, même confronté aux photographies des blessures. Il n'a pas nié les faits, assurant regretter son comportement et n'avoir jamais voulu tuer. Il a toutefois reconnu devenir agressif sous l'emprise de l'alcool et des stupéfiants, précisant qu'il s'enferme d'habitude chez lui pour éviter tout débordement. Cette confession a précisément pesé contre lui : elle démontre qu'il mesurait le risque de ses actes.

Le prévenu n'était pas un inconnu dans l'immeuble. Une voisine a témoigné avoir été victime à plusieurs reprises d'insultes racistes de sa part. À une occasion, il avait bloqué sa porte pour l'empêcher de sortir ; à une autre, il lui avait lancé des bouteilles en verre.

La chambre criminelle a estimé que la nature et l'intensité des violences indiquaient clairement une intention de tuer. Le condamné a répété à plusieurs reprises de violents coups de tête contre un mur et a continué de frapper une victime sans défense à terre. Les juges ont conclu qu'il devait savoir que ses gestes pouvaient avoir un issue fatale et qu'il avait, au minimum, accepté la mort de la jeune femme comme conséquence possible. Les éléments constitutifs de la tentative de meurtre ont ainsi été retenus.

Compte tenu de ses antécédents judiciaires, une peine avec sursis était juridiquement exclue. Outre la peine de dix ans ferme, Max D. doit verser à la victime 15 000 euros d'indemnisation pour les préjudices physiques et psychologiques, l'incapacité temporaire de travail et les séquelles esthétiques, ainsi qu'environ 5 200 euros pour le dommage matériel. La plaignante réclamait initialement plus de 62 000 euros. L'assurance accident devra en outre être remboursée à hauteur de près de 4 200 euros.

Un appel peut être formé dans un délai de quarante jours. La présomption d'innocence s'applique jusqu'à une décision définitive.

Source: Luxembourg Times