Six ans de prison pour viol et violences sur une mineure au Luxembourg
Un homme de 32 ans a été condamné à six ans d'emprisonnement, dont trois avec sursis, pour le viol et les violences sur une adolescente de 15 ans enceinte de quatre mois.
Six ans de prison pour viol et violences sur une mineure au Luxembourg
La 13e chambre criminelle du tribunal d'arrondissement de Luxembourg a infligé une peine de six ans de réclusion à un homme de 32 ans, dont trois ans assortis d'un sursis. Il a été reconnu coupable du viol, des coups et des menaces à l'encontre d'une jeune fille de 15 ans qui portait son enfant. Le condamné doit en outre verser 5 000 euros d'indemnités à la victime.
Les policiers ont interpellé l'accusé dans un café le 25 avril 2025, après l'appel du père de l'adolescente qui dénonçait une nouvelle agression. Le père, muni d'une barre de fer, menait sa propre action lorsque les agents sont arrivés au domicile familial, mais le coupable avait déjà pris la fuite. Son arrestation a eu lieu peu après.
Huit jours plus tôt, les forces de l'ordre avaient déjà été mobilisées dans une gare du sud du pays. Selon le récit de la mineure, l'homme s'était approché d'elle alors qu'elle discutait avec une connaissance. Après un échange calme, il avait levé la main en simulant une gifle. Un passant était intervenu, le faisant tomber, avant qu'un agent de sécurité ferroviaire ne mette fin à l'incident et n'évacue les protagonistes.
À l'extérieur, le trentenaire avait poursuivi la jeune fille et son accompagnateur, lui reprochant la rixe. Il lui avait asséné un coup de poing au visage, puis l'avait coincée contre un mur, la poussant à plusieurs reprises tout en la frappant au ventre, avant de lui porter un coup de tête.
Le surveillant avait alerté la police. L'adolescente avait été conduite à l'hôpital avec des contusions, des hématomes et un gonflement. Des témoins et des enregistrements vidéo avaient ensuite confirmé son témoignage.
Aux urgences, les médecins avaient constaté une grossesse de quatre mois. La jeune fille désignait son agresseur comme le père de l'enfant à naître. Il s'était déjà montré menaçant en début de mois, lui promettant de la tuer s'il finissait en prison à cause d'elle.
La seconde agression, signalée par le père, s'était produite dans un passage souterrain ferroviaire lors d'une rencontre fortuite. L'homme avait frappé la mineure au visage à mains nues et au poing, puis lui avait de nouveau asséné un coup de tête. Il avait ensuite menacé de tuer l'adolescente et son ami — aperçu avec elle à la gare quelques jours auparavant — si leur liaison était révélée.
Le tribunal a retenu les chefs de viol sur mineure, de coups et blessures volontaires et de menaces. La loi luxembourgeoise ne permet pas à un mineur de moins de 16 ans de consentir à un acte sexuel ; la pénétration constitue donc un viol, qu'il y ait consentement ou non, quelle que soit l'usage de la force.
Les juges ont considéré comme circonstance aggravante le fait que la victime était enceinte et que l'accusé en avait connaissance au moment des faits. Les coups avaient entraîné des bleus, des hématomes et un œdème.
Un expert psychiatre a établi que le prévenu souffrait de troubles neurologiques et psychiatriques préexistants, susceptibles d'avoir altéré sa perception des normes sociales et son contrôle de soi. L'expert a toutefois exclu une irresponsabilité pénale totale. Le juge a retenu une responsabilité diminuée, ramenant l'échelle de peine pour viol sur mineur de dix à quinze ans à cinq à dix ans.
L'expert recommandait une prise en charge psychiatrique ou psychothérapeutique ambulatoire, ainsi qu'un traitement ciblé des addictions. L'hostilité du condamné à l'égard de ces mesures a toutefois semé le doute sur leur efficacité.
Le tribunal a également souligné l'absence de repentir véritable et les tentatives de l'accusé pour minorer son rôle. Il avait d'abord nié les faits de viol, puis avoué les rapports tout en prétendant ignorer l'âge réel de la jeune fille.
Comme élément atténuant, les magistrats ont noté que la relation était issue d'un contact amical et que les rapports avaient semblé consentis, tout en rappelant que cette circonstance n'a aucune portée juridique.
Le sursis de trois ans est subordonné à un ensemble d'obligations pendant une période probatoire de sept ans : suivi psychiatrique, transmission de certificats médicaux, thérapie de gestion de la colère et exercice d'une activité professionnelle.
Un pourvoi en appel peut être formé dans un délai de quarante jours. La présomption d'innocence demeure jusqu'à ce qu'une décision définitive soit rendue.
Source : Luxembourg Times
Source: Luxembourg Times