Marché de Noël de Luxembourg : condamnations dans l'affaire Emran

Le tribunal de Luxembourg a statué sur le drame qui a coûté la vie à un enfant de deux ans en 2019, condamnant deux hommes à des peines avec sursis.

Marché de Noël de Luxembourg : condamnations dans l'affaire Emran

Marché de Noël de Luxembourg : condamnations dans l'affaire Emran

Le tribunal d'arrondissement de Luxembourg a tranché ce jeudi, près de sept ans après les faits, dans la tragédie qui a emporté le petit Emran sur le marché de Noël de la capitale. La 16e chambre correctionnelle a retenu la culpabilité exclusive d'un sculpteur sur glace et d'un de ses collaborateurs.

Les deux prévenus ont écopé de douze et neuf mois de détention, le tout étant suspendu. Des pénalités financières de 5 000 et 1 500 euros leur ont également été infligées. Huit autres personnes et entités, dont l'office du tourisme de la Ville et des agents communaux, ont été relaxées.

Le drame remonte à novembre 2019. Une œuvre sculptée dans la glace, pesant sept quintaux, s'était effondrée sur un bambin de deux ans qui se faisait photographier sur l'aire du Knuedler. Transporté d'urgence, le petit garçon n'a pas survécu.

L'enquête a révélé des négligences dans le montage. L'ensemble n'était pas calé sur un support stable : des palettes défraîchies et de niveaux différents servaient de base. Par ailleurs, l'inclinaison de la structure n'avait pas été contrôlée. Le sculpteur et deux aides auraient commis des erreurs ayant entraîné le renversement vers l'arrière.

Durant les débats, l'artiste a fait valoir qu'il avait exprimé son désaccord quant au site retenu. Il aurait préféré que l'installation soit adossée à la barrière de la patinoire plutôt que laissée en plein passage. Il avait fait part de ses réserves à l'organisme touristique, sans toutefois insister avec la vigueur nécessaire, selon son conseil.

De leur côté, les représentants de l'office ont affirmé que les échanges n'avaient jamais évoqué de risque ou de problème de sécurité. L'attribution précise des responsabilités — mairie ou office de tourisme — n'a pas été éclaircie au cours des audiences. Il est toutefois ressorti que des zones d'ombre subsistaient en la matière, des ambiguïtés qui n'ont été levées que douze mois après le sinistre, à l'occasion d'une réorganisation interne.

Le ministère public avait demandé des peines de prison avec sursis de six à douze mois, ainsi que des sanctions pécuniaires, à l'encontre du sculpteur, d'un aide et d'un cadre de l'office ayant passé la commande. Pour le reste des mis en cause, l'acquittement était sollicité.

Les décisions peuvent faire l'objet d'un appel dans les quarante jours. La présomption d'innocence demeure applicable jusqu'à ce qu'un arrêt définitif soit rendu.

Source : Le Quotidien

Source: Le Quotidien