Le parquet luxembourgeois enquête sur des centaines de cas présumés de fraude aux prestations sociales par des migrants

Le parquet du Grand-Duché a révélé mardi 7 juillet une vaste enquête sur une fraude aux prestations sociales touchant des centaines de migrants entrés au pays avec des documents falsifiés. Vingt-cinq personnes sont visées par des accusations.

Le parquet luxembourgeois enquête sur des centaines de cas présumés de fraude aux prestations sociales par des migrants

Le parquet luxembourgeois enquête sur des centaines de cas présumés de fraude aux prestations sociales par des migrants

Le parquet du Grand-Duché a révélé mardi 7 juillet qu'il mène une enquête approfondie sur une fraude aux prestations sociales ayant touché plusieurs centaines de migrants entrés sur le territoire au moyen de faux documents.

L'opération, lancée à l'été 2023, vise notamment la Direction générale de l'immigration, rattachée au ministère de l'Intérieur. Les infractions alléguées incluent la corruption, le trafic d'influence, le blanchiment d'argent, la falsification de documents, l'usage de faux, la fraude aux subventions et le trafic de migrants. Vingt-cinq personnes font actuellement l'objet de poursuites, bien qu'aucune mise en accusation formelle n'ait encore été prononcée.

Le 7 juillet 2026, les enquêteurs ont mené des perquisitions à la Direction générale de l'immigration et au ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Ils ont également fouillé cinq entreprises privées et les domiciles de plusieurs suspects.

Le parquet a souligné de graves lacunes administratives, principalement dues à l'absence de moyens suffisants pour effectuer des contrôles lors des inscriptions aux registres communaux. Des réseaux criminels auraient exploité ces failles en fournissant de fausses adresses luxembourgeoises moyennant rémunération. Ces inscriptions frauduleuses étaient accompagnées de contrats de travail fictifs, de faux certificats de fin d'études et de diplômes de langue contrefaits.

Plus de 200 ressortissants étrangers auraient ainsi pénétré au Luxembourg sur la base de ces faux papiers. Une fois enregistrés, ils ont indûment perçu des prestations sociales de l'État. Le montant total du préjudice financier reste indéterminé.

Un aspect particulièrement préoccupant est que la fraude présumée se poursuit sans être interrompue. En raison des règles de protection des données, le parquet ne peut pas communiquer l'identité des suspects aux organismes de sécurité sociale ni aux autres autorités compétentes pour mettre fin aux paiements.

« Le parquet déplore vivement l'absence de base légale lui permettant de transmettre ces informations aux autorités concernées afin qu'elles puissent mettre un terme à la fraude sociale qui a été mise au jour », indique le communiqué.

L'opération a mobilisé trois juges d'instruction, deux procureurs et plus de soixante agents de l'unité de police chargée de la criminalité économique et financière. Les perquisitions ont eu lieu à Luxembourg-ville ainsi que dans les régions centrale, méridionale et septentrionale du pays. Depuis 2023, les autorités ont déjà procédé à 27 fouilles dans des administrations publiques et des organismes de sécurité sociale.

Le ministère de l'Intérieur a indiqué que la Direction générale de l'immigration coopère pleinement avec les autorités judiciaires. Le ministre Léon Gloden a ordonné un audit interne du service de l'immigration « vu la gravité des faits allégués ». Le ministère s'est engagé à prendre toutes les mesures nécessaires et a réaffirmé sa détermination à lutter contre toute forme de fraude.

Par ailleurs, le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche a précisé qu'aucun membre de son personnel n'avait été inculpé. Les enquêteurs ont saisi deux dossiers contenant des preuves de faux diplômes déposés dans le cadre de demandes relevant de sa compétence. Le ministère a souligné sa politique de tolérance zéro envers la falsification de documents.

Source : Luxembourg Times

Source: Luxembourg Times