Un journaliste franco-marocain libéré après une garde à vue à Tanger
Ali Lmrabet, 66 ans, a été interpellé à son arrivée à l'aéroport de Tanger puis placé en détention provisoire. Le parquet l'a relâché mercredi tout en continuant d'examiner des accusations liées à des textes diffusés sur le web.

Un journaliste franco-marocain libéré après une garde à vue à Tanger
Les autorités judiciaires marocaines ont relâché Ali Lmrabet mercredi, après que le professionnel de 66 ans eut passé trois jours en détention. L'intéressé avait été appréhendé dès son atterrissage dimanche soir dans la métropole du nord du pays.
Le parquet, cité par l'agence officielle MAP, a indiqué que la procédure demeure active. Des textes parus sur des plateformes numériques font l'objet d'un examen. Les magistrats estiment que certains passages contiennent des attaques contre des individus et des organismes, ainsi que des offenses vis-à-vis d'organes légaux. L'ensemble des faits est toujours en cours d'instruction.
Contacté par l'organisation de défense des médias RSF, le principal concerné a réaffirmé son engagement strictement professionnel. Selon ses dires, exercer un métier d'information en toute indépendance suscite des tensions, mais il entend poursuivre cette démarche.
Sa conjointe, Laura Feliu, a signalé qu'il peut reprendre l'avion. Néanmoins, il envisage de prolonger son séjour de quelques jours sur le sol natal pour des questions administratives. Basé en Catalogne où il exerce, il n'était pas revenu dans le royaume depuis le décès de son géniteur, survenu il y a plusieurs années.
Ce professionnel des médias est connu pour ses prises de position à l'encontre du pouvoir en place. Son parcours est jalonné de condamnations antérieures. Entre 2005 et 2015, une décision de justice lui a interdit toute activité rédactionnelle sur le territoire, à la suite de propos tenus au sujet des populations des camps de Tindouf. Plus tôt, en 2003, une peine de trois ans d'emprisonnement lui avait été infligée pour un délit d'offense envers le souverain, avant qu'une clémence royale ne mette fin à son incarcération au début de l'année suivante.
Source : L'Orient-Le Jour
Source: Google News MA