288 arrestations en 5 mois à Aumale et Clemenceau, mais les riverains restent désespérés

Malgré 82 opérations policières et 288 arrestations depuis mai, les habitants du quartier Aumale à Bruxelles dénoncent une situation toujours invivable.

288 arrestations en 5 mois à Aumale et Clemenceau, mais les riverains restent désespérés

Quartier Aumale à Bruxelles : 288 arrestations, mais les riverains toujours à bout

Lors d'une interpellation citoyenne au conseil communal, des dizaines d'habitants du quartier Aumale ont exprimé leur ras-le-bol face à la dégradation persistante de leur cadre de vie, rapporte DHnet. Le parc Forestier, la place du Repos et la station de métro Aumale concentrent les plaintes : consommation de crack et de drogues par injection, scènes de prostitution en plein jour, excréments humains et matelas abandonnés.

"C'était un petit paradis. Depuis six ans, c'est un enfer", a témoigné une riveraine installée depuis 18 ans dans le quartier, interrogée par l'agence Belga. "On appelle la police. Encore et encore." Un autre habitant, qui travaille place Fontainas, décrit une vingtaine de consommateurs occupant parfois les abords de l'ascenseur du métro. Il signale également qu'une caméra de surveillance, dont le poteau a été scié par deux jeunes le 16 juin, n'a toujours pas été remplacée.

Cet habitant a aussi rappelé avoir rencontré le bourgmestre deux ans plus tôt sans que la situation évolue : "J'ai entendu les mêmes choses", a-t-il regretté.

Désigné hotspot régional, le secteur a essuyé des tirs sur un commissariat

Le quartier a été désigné 16e "hotspot" régional de la drogue en octobre 2024. Il a également été le théâtre de coups de feu contre le commissariat de la rue Démosthène, qui longe le parc Forestier. Les signataires de l'interpellation citoyenne réclament des "mesures urgentes, coordonnées et visibles" face à une "situation devenue intenable", dénonçant le deal à ciel ouvert, les seringues usagées et les troubles à l'ordre public. Ils demandent une coordination entre police, santé, prévention et aide sociale, assortie d'un calendrier d'action précis.

Le bilan des opérations "Spotlight"

Le bourgmestre Fabrice Cumps a présenté le résultat des opérations "Spotlight", dispositif de présence policière renforcée mis en place dès mai, avec l'arrivée des beaux jours et l'occupation plus importante de l'espace public.

À Aumale, 31 "Groupes d'Action Policière" ont été déployés depuis le 18 mai, représentant 181 patrouilles et le passage de plus de 360 policiers sur ces journées d'intervention. Pour le secteur Clemenceau, le dispositif a couvert 51 journées d'action, mobilisant 642 policiers et 321 patrouilles. Au total, les deux zones cumulent 82 opérations, soit en moyenne 6 policiers par jour. En dehors de ces journées spéciales, la police maintient une présence dans le cadre d'une organisation classique.

Au cours de ces opérations, 288 arrestations ont été effectuées depuis mai. Le bourgmestre a précisé que 50 % des personnes arrêtées durant les dernières semaines d'été n'étaient pas en règle de titre de séjour.

Le bourgmestre réclame des expulsions effectives pour les récidivistes

Cumps a saisi l'occasion pour relayer une demande du procureur du Roi, Julien Moinil. "Je suis pour qu'on régularise de la façon la plus large les personnes sans papiers qui souhaitent s'intégrer dans notre pays, mais je suis aussi pour — un criminel étant un criminel, quelle que soit sa situation — qu'on sanctionne lourdement au travers de l'exécution des ordres de quitter le territoire ceux qui perturbent lourdement la vie dans nos quartiers", a-t-il déclaré. Il a ajouté que ces individus "démotivent aussi nos policiers parce qu'ils sont arrêtés plusieurs fois et ne subissent pas les conséquences de leurs actes."

Le partenariat avec l'Office des Étrangers a été renforcé pour le "traitement accéléré des personnes en séjour illégal multirécidivistes impliquées dans les nuisances", a assuré le bourgmestre. Le modèle "Spotlight", initialement prévu pour la période estivale, sera maintenu après la rentrée, selon la commune.

Un bilan qui ne convainc pas les riverains

Malgré ces chiffres, le bilan présenté par Fabrice Cumps n'a pas convaincu les habitants venus interpeller le conseil communal. Pour eux, les opérations n'ont pas suffi à enrayer une dégradation qui dure depuis six ans, et les promesses entendues lors de précédentes réunions n'ont pas été suivies d'effets visibles sur le terrain.

Source: DHnet

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