Procès Matonge à Bruxelles : 46 prévenus pour trafic de drogue à la galerie d'Ixelles

Le procès du point de deal de la galerie Matonge s'est ouvert mardi au Justitia de Haren, avec 46 prévenus comparaissant pour trafic de stupéfiants.

Procès Matonge à Bruxelles : 46 prévenus pour trafic de drogue à la galerie d'Ixelles

Procès Matonge : une première audience chaotique au Justitia de Haren

La Libre rapporte que le procès dit "Matonge" s'est ouvert ce mardi au palais de justice Justitia, installé dans les anciens locaux de l'Otan à Haren. Quarante-six prévenus comparaissent devant le tribunal correctionnel de Bruxelles pour leur rôle présumé au sein d'une organisation criminelle active dans le trafic de stupéfiants aux abords de la galerie Matonge, à Ixelles.

Le passage couvert — connu pour ses restaurants, cafés africains, salons de coiffure et commerces spécialisés — est également identifié depuis 2024 comme l'un des "hotspots" de la Région bruxelloise, c'est-à-dire un lieu de vente active de drogues. Entre mai et octobre 2025, la police a mené plusieurs missions d'observation sur place avant de lancer une vague de perquisitions le 3 novembre dernier. Tous les prévenus nient les faits.

Des retards dès l'ouverture

La matinée a mal démarré. Selon un avocat présent, des détenus ont d'abord été conduits par erreur au palais de justice de la place Poelaert — à près de dix kilomètres de Haren — avant d'être réacheminés vers la bonne adresse. Les plus ponctuels, eux, ont refusé d'entrer dans la salle d'audience. "On ne souhaite pas être filmé", a lancé l'un d'eux en direction des équipes de télévision présentes.

Pendant près de quatre heures d'instruction d'audience, la présidente du tribunal a interrogé les prévenus les uns après les autres. L'atmosphère était loin de celle des grands procès de trafiquants : pas d'assassinat, pas de kalachnikov, pas de sociétés-écrans dissimulées à l'étranger. L'écrasante majorité des comparants sont des consommateurs de cannabis ou de cocaïne, parfois observés à seulement quelques reprises dans les allées de la galerie.

Des profils très variés

Parmi les prévenus figurent des pères et mères de famille, de jeunes adultes, des personnes sans emploi ou occupant des petits boulots. Nombre d'entre eux sont membres de la communauté congolaise de la capitale. Un quadragénaire employé de la Stib, observé à cinq reprises à l'intérieur de la galerie, a expliqué fumer du cannabis pour dormir en raison de ses horaires décalés.

"Je vais seulement à Matonge pour manger africain, me couper les cheveux, faire des courses", a énuméré laconiquement un trentenaire identifié comme A. K. "Je ne comprends vraiment pas ce que je fais là", s'est exaspéré un autre prévenu. D. N., mère de trois enfants et consommatrice occasionnelle, a pour sa part insisté : "Mes parents ont été commerçants à Matonge. Moi aussi. Voilà pourquoi je fréquente le quartier. Je ne me suis jamais procuré de stupéfiants là-bas."

Un dossier de 33 notices

Le dossier, qualifié de "mammouth", comprend 33 notices. Les préventions retenues incluent l'appartenance à une organisation criminelle, le trafic de stupéfiants, le blanchiment d'argent et la détention d'armes — notamment des sprays au poivre et des tasers. Selon les calculs du parquet bruxellois, l'organisation aurait engrangé un avantage patrimonial illicite minimum de 6,163 millions d'euros, une somme que les enquêteurs peinent à justifier au regard des quelques kilos de cannabis saisis.

L'audience a été marquée par des retards répétés, des tensions et de nombreuses incompréhensions. La présidente du tribunal a multiplié les rappels à l'ordre — "Coupez vos téléphones", "Silence", "Merci d'arriver à l'heure" — sans parvenir à éviter des éclats de rires dans la salle.

La fournisseuse présumée avoue partiellement

Parmi les figures centrales du réseau figure N. V., suspectée d'être "la fournisseuse" de l'organisation. Déjà condamnée à cinq ans de prison pour vente et importation de drogues, elle a reconnu avoir uniquement servi "d'intermédiaire ponctuelle" pour M. B., le dirigeant présumé du hotspot. Des échanges retrouvés sur Snapchat l'ont confondue.

Le numéro un présumé de l'organisation doit être interrogé ce mercredi. Le procès est prévu pour durer trois semaines, sous réserve que les débats ne s'étirent pas davantage.

Source: La Libre

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