Rubio au Équateur : Los Tiguerones désignés organisation terroriste, sanctions contre ex-officiels
Le secrétaire d'État Marco Rubio a visité Quito mercredi pour renforcer la lutte antidrogue. Il a annoncé des sanctions, des extraditions et l'envoi de navires d'interception.

Rubio à Quito : terrorisme, sanctions et nouveaux navires contre les cartels
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio s'est rendu en Équateur, mercredi 9 septembre, pour intensifier la coopération contre les cartels de la drogue, rapporte medias24.com. Ce déplacement s'inscrit dans une tournée en Amérique latine destinée à consolider les alliances avec des dirigeants conservateurs en Colombie, en Équateur et au Pérou, et à renforcer l'influence américaine dans la région.
Depuis Quito, Rubio a annoncé que le gang équatorien Los Tiguerones serait désormais classé "organisation terroriste". Cette désignation leur interdit tout accès au système financier américain, ainsi que toute transaction ou soutien en leur faveur. Washington avait déjà appliqué la même mesure à d'autres gangs équatoriens, au Tren de Aragua vénézuélien et au cartel de Sinaloa mexicain.
"Nous ne parlons pas d'une mafia ordinaire, nous ne parlons pas de criminels, nous parlons de terroristes", a déclaré Rubio lors d'une conférence de presse à Quito. Selon l'Observatoire équatorien du crime organisé, Los Tiguerones est impliqué dans le trafic de drogues et d'armes, l'exploitation minière illégale, le blanchiment d'argent, l'extorsion et des assassinats.
Sanctions contre d'anciens responsables et extraditions
Rubio a également annoncé que sept anciens membres du gouvernement équatorien seraient sanctionnés pour avoir accepté des pots-de-vin et pour leurs liens avec des groupes criminels. Il a en outre promis l'envoi d'un patrouilleur des garde-côtes américains et de cinq nouveaux navires d'interception.
Le parquet de Quito a par ailleurs confirmé mercredi que deux suspects — un ancien policier et un ex-homme d'affaires équatoriens — soupçonnés d'être impliqués dans l'assassinat du candidat à la présidence Fernando Villavicencio en 2023 seraient extradés vers les États-Unis.
Opérations conjointes dans le Pacifique
La visite de Rubio intervient alors que Washington et Quito mènent des opérations militaires conjointes contre des embarcations soupçonnées d'être au service des narcotrafiquants dans le Pacifique équatorien. Les militaires ont coulé six bateaux en deux semaines, le dernier datant de mardi, des actions qui ont suscité des critiques de la part de défenseurs des droits humains.
Rubio s'est entretenu avec le président équatorien Daniel Noboa, dont la guerre contre le crime organisé n'a pas réussi à faire reculer la violence. L'Équateur, situé entre la Colombie et le Pérou — les deux plus grands producteurs mondiaux de cocaïne —, est devenu en quelques années le point de départ de 70 % de la cocaïne mondiale, à destination notamment des États-Unis et de l'Europe.
Le Mexique aussi dans le viseur
Rubio a estimé que le Mexique devait faire davantage dans la lutte contre les cartels. "Les Mexicains ont fait plus d'efforts qu'ils n'en ont jamais faits auparavant pour s'attaquer à ces groupes, mais ce n'est toujours pas assez", a-t-il déclaré, ajoutant qu'il faudrait faire face à cette menace "d'une façon ou d'une autre".
Tournée conservatrice en Amérique latine
En Colombie la veille, Rubio avait promis au nouveau dirigeant de droite Abelardo de la Espriella de resserrer les liens avec Bogota après quatre années de gouvernement de gauche. Des discussions sont en cours pour soutenir la Colombie "en termes d'équipements, de renseignement et de formations spécialisées", selon Rubio, qui a précisé que Bogota n'avait pas demandé l'envoi de troupes au sol. Depuis son entrée en fonction début août, de la Espriella a intensifié les opérations contre les groupes armés impliqués dans le trafic de drogue.
Washington ne dissimule pas son intention de contrer l'influence de la Chine, de la Russie et de l'Iran en Amérique latine, une priorité inscrite dans sa stratégie de sécurité nationale.
Après l'Équateur, Rubio était attendu jeudi au Pérou, dirigé depuis juillet par la présidente conservatrice Keiko Fujimori. Ce pays est le dernier en date à avoir rejoint le "Bouclier des Amériques", coalition initiée par Donald Trump pour lutter contre le trafic de drogue et la criminalité organisée dans la région.
Source: Google News MA — Crime (fr)