Émeutes à Chambéry après la mort d'un conducteur : voitures brûlées, piste du suicide évoquée

Un homme est décédé après une intervention policière à Chambéry, déclenchant des violences urbaines. L'autopsie privilégie la thèse d'un geste auto-infligé.

Émeutes à Chambéry après la mort d'un conducteur : voitures brûlées, piste du suicide évoquée

Chambéry : violences urbaines après la mort d'un homme lors d'un contrôle de police

Selon cnews.fr, des violences urbaines ont éclaté dans la nuit du lundi 7 au mardi 8 septembre à Chambéry et dans la commune voisine de Cognin (Savoie), au lendemain d'une intervention policière ayant conduit à la mort d'un conducteur blessé par balle à la tête. Le parquet de Chambéry a communiqué mercredi 9 septembre ses premières conclusions d'autopsie : la thèse privilégiée est celle d'«un geste auto-infligé ou possiblement accidentel au cours d'une manipulation de l'arme par le défunt».

Ce que l'autopsie révèle

L'autopsie médico-légale réalisée mercredi a conclu à une blessure balistique située à la tempe droite. Les experts médicaux ont relevé un seul point d'entrée, sans orifice de sortie, et estiment que le tir aurait été effectué à très courte distance, «au plus à 50 cm». Un projectile métallique a été extrait de la tête de la victime et doit être soumis à une expertise balistique.

L'analyse devra notamment déterminer si ce projectile est compatible avec une arme de calibre 8 mm découverte sous le siège conducteur lors de la perquisition du véhicule — «l'arme étant dotée de munitions dont une avait été percutée». Le parquet souligne toutefois que les expertises doivent se poursuivre avant toute conclusion définitive.

Les investigations permettraient par ailleurs d'établir que le conducteur était seul dans son véhicule, aussi bien lors de la prise en compte de celui-ci par les policiers dans le cadre du refus d'obtempérer présumé, que lorsqu'il a été retrouvé blessé. Le parquet de Chambéry assure que les fonctionnaires intervenus se trouvaient «dans un cadre procédural conforme» et qu'ils n'ont pas fait usage de leur arme de service.

L'enquête a été confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), sous l'autorité du procureur de la République, dans le cadre d'une recherche des causes de la mort. De nouvelles auditions, analyses et expertises balistiques sont attendues dans les prochains jours.

Le déroulement de l'intervention

Quelques heures avant les émeutes, des policiers étaient intervenus auprès d'un conducteur ayant, selon la préfecture, adopté une conduite dangereuse et possiblement commis un refus d'obtempérer. L'intervention s'était achevée dans le quartier du Biollay. L'homme, initialement grièvement blessé à la tête, est décédé le mardi.

L'ampleur des violences nocturnes

Dans les quartiers du Biollay et de Chambéry-le-Haut, ainsi que dans la commune voisine de Cognin, «plusieurs dizaines d'individus déterminés» ont incendié ou tenté d'incendier des véhicules, des poubelles, des bâtiments privés et des édifices publics, selon la préfecture de la Savoie.

Le bilan matériel se précise : le centre social et d'animation du Biollay a été entièrement détruit par les flammes. L'agence locale du bailleur Cristal Habitat a subi un incendie qui a gravement endommagé son rez-de-chaussée. Un magasin Aldi a également été vandalisé, selon Le Dauphiné Libéré.

La police nationale et les sapeurs-pompiers ont été fortement mobilisés. Deux sections de la CRS 83 ont été dépêchées en renfort. Des projectiles auraient visé les forces de l'ordre durant leurs interventions, sans faire de blessé, selon Savoie News.

Un précédent en 2023

Chambéry avait déjà connu une nuit de violences d'une ampleur exceptionnelle le 29 juin 2023, dans le contexte national qui avait suivi la mort de Nahel. La municipalité avait alors recensé une dizaine de véhicules incendiés, des bâtiments publics vandalisés et des tentatives d'incendie contre plusieurs établissements — un épisode qualifié à l'époque d'«inédit par son intensité».

Source: Google News LU FR