Agression sexuelle à Paris : un homme d'affaires indien condamné à trois mois ferme
Un businessman indien comparaît en justice à Paris pour agression sexuelle sur un réceptionniste d'hôtel à Montmartre. Le tribunal le condamne à trois mois de prison ferme.

Trois mois ferme pour le businessman indien jugé à Paris
Un homme d'affaires indien de 61 ans, identifié sous le prénom Anish, a été condamné à trois mois de prison ferme par la chambre des comparutions immédiates de Paris après avoir agressé sexuellement un réceptionniste de nuit dans un hôtel de la butte Montmartre. Radio France - Justice rapporte les détails de cette affaire jugée mardi, dont les circonstances rappellent une retentissante affaire survenue dans un palace new-yorkais il y a quinze ans.
Anish était arrivé à Paris le week-end précédant l'audience pour représenter son pays au sommet mondial de la transition énergétique. Cadre dans une grande entreprise de câbles électriques, il était logé dans cet établissement emblématique de Montmartre. Il n'a finalement pas mis les pieds au sommet de la semaine.
Des allers-retours nocturnes au hall, puis une convocation à la chambre
Samedi soir, Anish descend à deux reprises dans le hall de l'hôtel, prétextant déposer puis récupérer un colis. Le réceptionniste de nuit remarque que le client se frotte le pantalon face à lui. Vers 4 h du matin, Anish appelle la réception en se plaignant d'un problème de climatisation. Le réceptionniste lui propose un ventilateur et monte à la chambre 410.
À son arrivée, Anish lui ouvre la porte vêtu d'un seul caleçon. Il lui demande de brancher l'appareil. Lorsque l'employé se relève, Anish est nu devant lui : il l'empêche de quitter la chambre, lui propose un rapport sexuel, puis, face au refus, se soulage devant lui. Le réceptionniste quitte les lieux « sidéré », selon ses propres mots rapportés au tribunal. Après avoir surmonté la peur de perdre son emploi, il appelle la police.
Pas de traces matérielles, mais un témoignage jugé crédible
Les enquêteurs qui se rendent sur place ne trouvent pas de traces physiques de l'infraction. Un médecin diagnostique au réceptionniste un stress post-traumatique et lui délivre neuf jours d'arrêt de travail. Anish est placé en garde à vue.
À l'audience, le prévenu s'exprime en mauvais anglais, par ailleurs mal traduit. Il reconnaît avoir bu cette nuit-là et admet ne pas se souvenir de tout, mais nie tout acte répréhensible. Si sa main s'est posée sur son pantalon, c'est en raison d'une incontinence aiguë. S'il était en caleçon, c'est parce qu'il avait chaud. Si le réceptionniste n'a pas pu sortir, c'est parce que la chambre est petite. Et si ses mains étaient humides, c'est parce qu'il venait de les laver.
Le parquet demande du sursis, le tribunal prononce de la prison ferme
Le procureur reconnaît l'absence de preuve matérielle intangible, mais juge la version du réceptionniste « claire, constante et circonstanciée ». Il requiert dix-huit mois de prison avec sursis et une amende de 40 000 euros — soit l'équivalent de quatre mois de salaire pour le prévenu.
L'avocate de la défense tente de résumer le dossier à un « parole contre parole » et plaide la relaxe au bénéfice du doute. Le tribunal ne retient pas cet argument. Il prononce une peine plus sévère que les réquisitions : trois mois de prison ferme.
Anish, qui devait reprendre l'avion pour l'Inde le jour du jugement, prolongera son séjour dans la capitale dans des conditions qu'il n'avait manifestement pas anticipées.
Source: Radio France - Justice