Agressions sexuelles dans le périscolaire parisien : cinq ans requis contre Mickaël M.
Un animateur du périscolaire du 15e arrondissement de Paris a comparu le 31 août pour des agressions sexuelles sur neuf enfants. Le parquet a requis cinq ans de prison dont un ferme ; délibéré fixé au 15 septembre.

Quatrième animateur jugé dans le scandale du périscolaire parisien
Mickaël M., 38 ans, animateur dans une école primaire du 15e arrondissement de Paris, a comparu lundi 31 août devant le tribunal correctionnel pour des faits d'« agressions sexuelles » commis entre septembre 2022 et janvier 2024. Neuf enfants âgés de 6 à 9 ans l'ont mis en cause. Le parquet a requis cinq ans de prison, dont au moins un an ferme, ainsi que cinq ans de suivi socio-judiciaire. La décision sera rendue le 15 septembre.
Il s'agit du quatrième animateur jugé depuis mai dans l'affaire qui secoue depuis plusieurs mois le périscolaire parisien, rapporte TF1 Info. L'audience est intervenue quelques jours après le dépôt de trois plaintes visant l'ancienne maire de Paris Anne Hidalgo et son premier adjoint Patrick Bloche.
Une enquête partie d'une plainte en janvier 2024
Tout avait commencé le 12 janvier 2024 avec la plainte d'une mère dont la fille de 6 ans avait raconté que l'animateur lui avait « touché les fesses » à deux reprises. L'enquête avait permis d'identifier d'autres victimes présumées : des fillettes décrivant des attouchements sur les fesses ou sur le sexe, dans le préau ou lors de sorties scolaires.
Le président du tribunal a relevé un « mode opératoire » récurrent et souligné que la plupart des déclarations des enfants avaient été jugées « vraisemblables » par des experts, sans signe d'« affabulation ».
« Je ne me souviens pas » : les aveux limités du prévenu
Appelé à la barre, Mickaël M. — chétif, légèrement voûté dans son costume bleu, coiffé d'un catogan et le visage masqué pour des « problèmes pulmonaires » — a déclaré d'une voix atone : « Je suis désolé de tout ce que j'ai fait, je demande pardon à toutes les victimes et leurs familles. Je regrette énormément tout ce qui s'est passé », selon un journaliste de l'AFP présent à l'audience.
Interrogé pendant sept heures par le président, les avocats et le procureur, le prévenu avait reconnu les faits lors de sa garde à vue en mars. À l'audience, il a d'abord répondu par de longs silences. Lorsqu'il évoquait sa « honte » ou son « dégoût (de lui-même) », il répétait systématiquement face aux questions sur les faits : « Je ne me souviens pas », « Je l'ignore », « Je ne me l'explique pas ».
Me Carine Durrieu Diebolt, avocate d'une partie civile, lui a présenté la photo d'une petite victime présumée ; il a répondu : « Ça me dit vaguement quelque chose », avant d'ajouter sur les faits : « Ça ne me rappelle rien. » Me Constance Dewavrin s'est agacée : « Vous reconnaissez les faits mais vous ne vous souvenez pas. Vous comprenez que ça peut poser problème ? » Mickaël M. a répliqué : « Je ne remets pas en doute la parole des enfants. Si elles le disent, c'est que ça a dû arriver. Par contre, je ne peux pas inventer des souvenirs que je n'ai pas. »
À l'issue des débats, le procureur a estimé que le prévenu « a les plus grandes difficultés à dire la vérité » et que ses déclarations constituaient « des aveux qui ne vont pas jusqu'au bout, mais pour moi ce sont des aveux ».
Éléments de personnalité
Mickaël M. est père d'une fille de 13 ans. Son épouse l'a décrit durant l'enquête comme « tendre, attentionné ». Sa mère avait elle-même été suspectée d'agression sexuelle sur sa petite-fille ; cette enquête a été classée sans suite. Le prévenu indique avoir consulté un psychologue à deux reprises depuis sa mise en examen et affirme que ces séances l'ont aidé.
181 enquêtes ouvertes, 132 animateurs suspendus
Le parquet de Paris a communiqué lundi ses chiffres à TF1 Info : depuis début 2026, 132 animateurs ont été suspendus, dont 52 pour « suspicions de violences sexuelles ou sexistes ». Sur les six premiers mois de l'année 2026, 125 plaintes et signalements ont été enregistrés, soit en moyenne 21 par mois ; 22 nouveaux signalements ont été déposés en juillet et août. Au total, 181 enquêtes ont été ouvertes depuis 2025, portant sur 134 établissements de maternelle, et 54 enquêtes concernent 50 établissements de primaire.
Source: TF1 Info