Meurtre avec torture à Charleville-Mézières : un couple mis en examen, 36 condamnations au casier
Un couple encourt la réclusion à perpétuité pour le meurtre d'un quadragénaire commis fin août à Charleville-Mézières, une agonie filmée et diffusée sur Snapchat.

Meurtre filmé sur Snapchat dans les Ardennes : le couple inculpé risque la perpétuité
Google News FR — Crime (fr) rapporte qu'un couple a été mis en examen lundi 31 août pour « meurtre aggravé par des actes de tortures et de barbarie » après la mort violente d'un homme de 47 ans dans un appartement de Charleville-Mézières, dans la nuit du 26 au 27 août. La scène a été filmée et diffusée en direct sur Snapchat.
Le suspect principal, âgé de 37 ans, avait pris la fuite après les faits. Il a été interpellé dimanche soir à Villeneuve-lès-Maguelonne, au sud de Montpellier (Hérault), par la gendarmerie locale, deux jours après la découverte du corps. Sa compagne, âgée de 27 ans, a été placée en garde à vue en fin de semaine puis mise en examen à son tour. L'enquête a été confiée au parquet de Reims.
Une alerte lancée via une vidéo sur Snapchat
Les forces de l'ordre ont été alertées le jeudi 27 août vers 13 heures par l'appel anonyme d'une femme qui, selon le communiqué du procureur de la République de Reims François Schneider, « venait de voir une vidéo sur Snapchat dans laquelle un homme était violemment agressé et agonisait sur le sol ». Elle a déclaré reconnaître la voix de l'agresseur, une identification confirmée ultérieurement par la sœur du mis en cause et une ancienne compagne.
Sur place, au domicile de la victime, les policiers ont découvert un corps sans vie. L'autopsie a révélé des « traumatismes très sévères, sur le visage, au niveau cervical, ayant obstrué ses voies aériennes, mais aussi thoraciques avec fractures des côtes ». Le parquet précise que la victime « a également subi de très graves violences sexuelles » et que son sexe a été mutilé. Des témoins du voisinage confirment avoir entendu des bruits de disputes entre 3 h et 5 h du matin, ce qui correspond, selon le parquet, à l'heure du décès.
Un suspect au casier judiciaire chargé
Le mis en cause principal cumule 36 condamnations antérieures pour violences, vols et infractions routières. Il reconnaît « les violences » et admet être l'homme visible sur les vidéos. Il invoque des viols que la victime aurait commis à son encontre en échange de stupéfiants, « sur fond d'alcoolisation massive et de consommation non moins massive de stupéfiants », selon le parquet. Il n'a formulé aucune déclaration concernant les violences sexuelles commises sur la victime.
Le communiqué du parquet décrit « un déchaînement de violences dépassant l'entendement » : les deux suspects frappaient la victime à coups de pieds, de ventilateur et de meubles, tout en filmant la scène. Le mis en cause aurait ensuite, avec l'aide de sa compagne, fait subir des violences sexuelles à la victime.
La mineure entendue, puis libérée
Une jeune femme de 17 ans, présente cette nuit-là dans l'appartement, a également été entendue en garde à vue avant d'être relâchée sans mise en examen. Selon sa déposition, le mis en cause, sa compagne et elle s'étaient rendus chez la victime pour passer une soirée ensemble. Tous ont consommé de l'alcool en grande quantité, ainsi que de la cocaïne et du « C » — mélange de cocaïne et d'ammoniac. La victime aurait alors proposé des relations sexuelles à la compagne du mis en cause en échange de produits stupéfiants. La soirée a ensuite dégénéré.
Dans ses premières déclarations, le suspect principal a accusé la mineure d'avoir participé aux violences, une version reprise par sa compagne. Toutefois, le parquet souligne que des SMS échangés entre les deux mis en examen « peuvent laisser penser qu'elle accuse la mineure pour se couvrir ». La compagne de 27 ans évoque elle-même des « oublis ». Son casier judiciaire mentionne une condamnation en 2026 pour des faits de violences aggravées.
La mineure affirme avoir été terrifiée par la scène. Elle indique que son téléphone lui a été arraché et jeté au sol, où il a été retrouvé cassé. François Schneider précise qu'elle « n'a pas assisté aux faits de mutilation sexuelle ». Dès le 27 août, une personne présente au service pénitentiaire de Charleville-Mézières — où le mis en cause avait rendez-vous dans le cadre d'un sursis probatoire — avait signalé aux enquêteurs la présence d'une jeune femme de 17 ans, sans domicile fixe, portant des vêtements ensanglantés.
Réclusion criminelle à perpétuité requise
Présentés lundi soir à un juge du pôle criminel de Reims, les deux mis en examen sont poursuivis pour « meurtre avec cette circonstance que les faits ont été accompagnés ou suivis d'un autre crime, en l'espèce des actes de tortures et de barbarie ». Un mandat de dépôt criminel a été prononcé à leur encontre. Selon François Schneider, le couple encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
Source: Google News FR — Crime (fr)