Bétharram : un ancien évêque héros de la Résistance accusé de viol par un ex-élève
Un ex-collégien de Notre-Dame de Bétharram a déposé plainte en 2025 pour viol contre Mgr Pierre-Marie Théas, décédé en 1977. L'Inirr doit statuer sur l'indemnisation le 6 octobre.

Mgr Théas, figure de la Résistance, visé par une plainte pour viol à Bétharram
Selon BFM TV, un ancien élève de Notre-Dame de Bétharram, établissement catholique des Pyrénées-Atlantiques, a déposé plainte en 2025 pour violences psychologiques, physiques et sexuelles subies pendant sa scolarité. Parmi ces faits, il évoque un viol commis en 1971 par un "vieux prêtre" dans un "bâtiment à l'écart". L'information a été révélée samedi 19 septembre par Mediapart.
L'homme mis en cause est Pierre-Marie Théas, ancien évêque de Tarbes et Lourdes, décédé en 1977. Reconnu "Juste parmi les nations" pour son engagement contre la persécution des Juifs durant l'Occupation, Théas est aujourd'hui au cœur d'une enquête interne de l'Église catholique.
La victime présumée a saisi "il y a quelques mois" l'Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr), créée par l'Église catholique en 2021 pour traiter les dossiers de violences sexuelles dans les diocèses. Le collège de l'Inirr doit se réunir le 6 octobre prochain pour se prononcer sur une éventuelle indemnisation.
L'actuel évêque de Tarbes et Lourdes, Jean-Marc Micas, a indiqué dans un communiqué avoir été "informé de cette situation en juillet 2026". Sollicité par l'Inirr pour fournir des éléments susceptibles d'étayer la vraisemblance du signalement, il précise qu'une "recherche approfondie dans les archives n'a pas permis de répondre positivement à cette demande".
L'évêque de Bayonne, Marc Aillet, a de son côté confirmé que "des vérifications rigoureuses ont été immédiatement effectuées dans les archives du diocèse", compte tenu de l'implantation régionale de la congrégation, sans qu'aucun élément n'ait été mis au jour.
L'Institut Louis Joinet (IFDJ), ONG spécialisée mandatée par la congrégation pour mener des investigations pendant plus d'un an, estime qu'entre 700 et 1 500 enfants scolarisés de 1950 à la fin des années 1990 à Notre-Dame-de-Bétharram et dans d'autres établissements de la même congrégation auraient été potentiellement victimes de violences sexuelles, physiques ou psychologiques.
L'Inirr avait été mise en place par l'épiscopat français dans le prolongement du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église (Ciase), qui estimait à 330 000 le nombre de mineurs victimes de tels actes au sein de l'institution.
Source: BFM TV