Mort d'un enfant dans un ascenseur à Argenteuil : technicien condamné à 18 mois avec sursis

Un technicien et deux entreprises ont été condamnés pour homicide involontaire après la mort d'Ismaïl, 4 ans, dans un ascenseur d'Argenteuil en 2018.

Mort d'un enfant dans un ascenseur à Argenteuil : technicien condamné à 18 mois avec sursis

Condamnations après la mort d'Ismaïl dans un ascenseur de centre commercial

Le tribunal correctionnel de Pontoise a rendu son jugement mercredi 2 septembre : Jean-Marc H., technicien de 67 ans, est condamné à 18 mois de prison avec sursis pour homicide involontaire, huit ans après la mort du petit Ismaïl, quatre ans, dans un ascenseur du centre commercial Côté Seine à Argenteuil. Selon TF1 Info, deux entreprises ont été condamnées aux côtés du technicien : son ancien employeur, Bagneux Hydraulique, et l'assembleur de l'ascenseur TK Elevator, anciennement ThyssenKrupp.

Les amendes prononcées s'élèvent à 80 000 euros pour Bagneux Hydraulique et à 225 000 euros pour TK Elevator. Cette dernière sanction dépasse les réquisitions du parquet, qui avait demandé 150 000 euros contre l'assembleur. Pour le technicien et son employeur, le jugement est conforme aux réquisitions de la procureure.

Les faits remontent au 8 juin 2018. Ce jour-là, la famille d'Ismaïl se rend au centre commercial. Au premier étage, une partie de la famille sort de la cabine ; Ismaïl les suit lorsque l'ascenseur chute brusquement. Le garçonnet se retrouve coincé au niveau du thorax entre la cage et le palier, sous les yeux de sa mère, restée bloquée à l'intérieur. Il décède sur place.

L'appareil, de type hydraulique — une technologie rare en France —, avait connu une fuite d'huile en 2015. Jean-Marc H., entré dans l'entreprise en 1978, avait alors remplacé le flexible servant à transporter l'huile. Selon les expertises, le raccordement n'avait pas été correctement réalisé. À la barre, le technicien a reconnu une erreur, sans pouvoir l'expliquer.

À la sortie de la salle d'audience, la mère d'Ismaïl, très émue, a salué la décision. « La justice a su répondre au fait qu'ils ont été négligents et qu'ils sont donc tous responsables », a-t-elle déclaré, avant d'ajouter : « On va pouvoir commencer, huit ans après, à avancer, je pense. » Elle a toutefois exprimé la crainte d'un procès en appel, les avocats de tous les mis en cause ayant plaidé la relaxe.

L'avocat de la famille, Yassine Bouzrou, a qualifié le jugement de « bonne décision ». « Habituellement, lorsqu'il y a ce type de drame, la justice considère que ça doit se régler d'un point de vue purement civil, d'un point de vue des indemnisations, alors qu'aujourd'hui la justice a compris que ces comportements constituent des fautes pénales », a-t-il expliqué.

Source: TF1 Info

Read this article in English