Fraude PCH en Martinique : 5 condamnés pour 3,2 millions détournés à la CTM

Le tribunal de Fort-de-France a condamné cinq personnes pour avoir détourné 3,2 M€ de prestations handicap. La principale instigatrice écope de quatre ans de prison.

Fraude PCH en Martinique : 5 condamnés pour 3,2 millions détournés à la CTM

Cinq condamnations pour un détournement massif de la prestation compensatoire du handicap

Le tribunal correctionnel de Fort-de-France a rendu jeudi son verdict dans une affaire de fraude de grande ampleur visant la prestation compensatoire du handicap (PCH), rapporte cnews.fr. Cinq personnes ont été déclarées coupables de l'ensemble des faits qui leur étaient reprochés, pour un préjudice total de 3,2 millions d'euros au détriment de la Collectivité territoriale de Martinique (CTM).

Une fonctionnaire au cœur du dispositif

Clarisse Romany, 37 ans, alors assistante administrative chargée de l'attribution des allocations PCH au sein de la CTM, est identifiée comme la principale instigatrice. Entre avril 2019 et décembre 2024, elle a d'abord augmenté frauduleusement les prestations versées à une complice, puis créé quinze profils d'allocataires fictifs avec l'aide de son compagnon. Les fonds détournés ont permis aux prévenus de financer un train de vie dispendieux.

Le tribunal a condamné Romany à quatre ans de prison, dont deux assortis d'un sursis probatoire, ainsi qu'à une amende de 50 000 euros. Son ancien compagnon, Fabrice Duragrin, enseignant de 48 ans, a été condamné à quatre ans de prison dont trente mois avec sursis, et à 30 000 euros d'amende. Le parquet avait requis six ans ferme pour ces deux accusés principaux.

Des peines graduées selon les rôles

Une troisième prévenue, mère d'un enfant handicapé et première complice de la fonctionnaire, a écopé de trois ans d'emprisonnement dont deux avec sursis. Le frère et la mère de Clarisse Romany, poursuivis pour recel et complicité, ont quant à eux été condamnés à deux ans avec sursis assortis de lourdes amendes.

Les prévenus avaient reconnu les faits dès l'ouverture du procès, qui s'est tenu sur deux journées d'audience. Le président du tribunal a annoncé leur culpabilité pour «l'ensemble des faits» reprochés.

Une affaire qui a ébranlé la CTM

L'affaire avait éclaté fin 2024, suscitant une vive consternation en Martinique. Céline Burac, avocate de la collectivité, avait déclaré en ouverture de procès que le scandale avait «mis la CTM dans une situation particulièrement délicate». Les charges retenues contre les accusés incluaient l'escroquerie aggravée et le blanchiment de capitaux.

Source: Google News MQ — Crime